Le Comité de pilotage du projet de Promotion des petites Centrales Hydroélectriques, un projet visant à améliorer l’accès à l’électricité en milieu rural en Centrafrique, a tenu sa réunion ce mercredi 24 mai 2026. Après 8 ans, ce projet ne parvient pas à toucher à sa fin. Elle fait face à certaines difficultés de mobilisation de financement, notamment le retard dans le décaissement de la part de l’État centrafricain.
Au cours de cette réunion, plusieurs points ont été examinés, notamment l’état d’avancement du projet et les difficultés rencontrées. Selon le Comité de pilotage, le projet progresse bien. Toutefois, la principale préoccupation demeure la mobilisation des ressources nécessaires pour combler le gap de financement. L’État n’a pas encore versé sa contribution, estimée à 600 000 dollars américains.
À cet effet, la ministre chargée de l’Énergie, Opportune Edwige Pounounginza, qui a présidé la réunion, a tenu à expliquer les raisons de ce retard.
« Pour un projet qui dure depuis huit ans, il est vrai qu’il a peut-être dépassé les délais prévus. Mais ce projet s’est confronté à deux types de problèmes. Le premier est d’ordre technique. Lors de la réalisation de l’ouvrage, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un blocage au niveau du sous-sol. La machine utilisée ne pouvait pas poursuivre les travaux et il a fallu rechercher une solution. Cette solution devait être la moins contraignante possible afin de ne pas endommager les infrastructures environnantes », a-t-elle expliqué.
S’agissant de la contribution du gouvernement, la ministre a indiqué que ce retard est également lié aux difficultés de trésorerie que connaît le pays.
« Il y a aussi un problème financier. Lorsqu’un financement est obtenu il y a cinq ou trois ans, les conditions ne sont plus forcément les mêmes plusieurs années plus tard. Mais nous sommes en train de nous remobiliser parce que nous avons promis à la population de Gamboula de lui fournir l’électricité. Nous savons que nous sommes dans un pays où les sources de financement sont limitées. Nous dépendons largement des recettes fiscales et nous connaissons les difficultés que traverse notre pays. Nous avons des priorités et nous devons parfois hiérarchiser ces priorités », a-t-elle ajouté.
De son côté, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’un des partenaires qui accompagne le gouvernement dans la mise en œuvre du projet, a rappelé que, malgré les difficultés rencontrées, la finalisation de cette centrale demeure une priorité en raison de son importance pour l’accès à l’électricité des populations.
Selon Moctar Fall, représentant résident adjoint du PNUD en Centrafrique, des résultats significatifs ont déjà été enregistrés.
« Ces résultats sont importants et constituent une base solide pour les années à venir », a-t-il affirmé.
Toutefois, il a reconnu que plusieurs contraintes ont limité la mise en œuvre du projet, notamment la pandémie de Covid-19, le manque de financements complémentaires ainsi que divers défis opérationnels.
La construction de la petite centrale hydroélectrique de Gamboula constitue aujourd’hui la principale réalisation du projet. Les travaux se poursuivent, mais ils sont ralentis par plusieurs contraintes techniques et financières.
Le représentant adjoint du PNUD a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le gouvernement dans la mobilisation des ressources nécessaires à l’achèvement des travaux.
Au-delà de Gamboula, le projet de Baoro représente une nouvelle opportunité pour poursuivre les efforts engagés dans le domaine de l’électrification rurale.
La principale préoccupation demeure toutefois la mobilisation des ressources destinées à combler le déficit de financement. Dans les années à venir, le gouvernement ambitionne de mettre en service ces infrastructures. Pour l’année 2026, le Comité prévoit plusieurs activités, notamment la recherche de financements complémentaires.
Il entend également poursuivre le recrutement de consultants pour l’élaboration d’un modèle durable de gestion, préparer les potentiels développeurs à répondre à l’appel à manifestation d’intérêt relatif à la mise en place de partenariats public-privé pour l’exploitation des sites des PCH, ainsi que renforcer les capacités des structures nationales à travers l’acquisition d’équipements informatiques et d’outils adaptés.
À l’issue de cette rencontre, Opportune Edwige Pounounginza, ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, a salué les efforts des partenaires, notamment le PNUD et la Banque mondiale, dans le financement de la petite centrale hydroélectrique de Gamboula. Elle a souligné que ce projet répond à un besoin crucial du pays en matière d’accès à l’énergie.
Dans cette optique, elle a appelé les partenaires tels que la Banque mondiale et la BDEAC à poursuivre leur accompagnement afin de garantir l’aboutissement du projet.
Pour rappel, ce projet a été lancé en 2018 par le gouvernement centrafricain avec l’appui du PNUD. Il vise à améliorer l’accès à l’électricité en milieu rural, renforcer les capacités du secteur de l’énergie, promouvoir les énergies propres et contribuer à la lutte contre le changement climatique.
Déus Gracias Tchémanguéré

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