L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en partenariat avec le Gouvernement, a lancé une session de formation de deux jours à l’endroit des agents du ministère de l’Élevage et de la Santé animale sur les mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola en République centrafricaine. Cette formation qui a réuni des participants des régions 1, 2, 4, 6 et 7, vise à soutenir le ministère dans le renforcement des capacités de ses équipes et dans la prévention de la propagation de la maladie à virus Ebola.
La maladie à virus Ebola est une zoonose dont la transmission est possible entre les animaux et les humains. Dans ce contexte, il est nécessaire de préparer les agents de l’élevage afin de pouvoir lutter efficacement contre cette maladie, notamment à travers leur propre protection, en évitant qu’ils ne soient contaminés dans le cadre de leurs activités professionnelles. Ils doivent également jouer un rôle de sentinelles en alertant les services de santé humaine en cas de constat de cas suspects au sein des populations d’éleveurs ou de la population en général.
L’objectif spécifique de cette formation est d’appuyer le ministère de l’Élevage et de la Santé animale, mais aussi de renforcer les capacités de ses agents afin qu’ils puissent eux-mêmes se protéger dans le cadre de leurs activités et servir de relais ou de sentinelles pour signaler aux services de santé humaine les cas qu’ils constateraient, tout en contribuant à la sensibilisation.
Dieu Donné Dahourou, vétérinaire épidémiologiste, expert en santé et production animale à la FAO, a expliqué le rôle des animaux dans la propagation de la maladie à virus Ebola : « Oui, en fait, la plupart des épidémies humaines connues à ce jour sont parties d’un premier cas ayant été en contact avec des animaux. Les animaux le plus souvent incriminés sont les chauves-souris, les grands singes comme les gorilles et les chimpanzés, ainsi que certaines espèces d’antilopes, comme le céphalophe. Ces animaux peuvent être infectés, notamment les chauves-souris, pendant de nombreuses années sans développer aucun signe. »
Il a ajouté que, dans certaines communautés reculées, ces animaux sont consommés. En les consommant, en les élevant ou en les manipulant, les populations peuvent être exposées au virus qu’ils portent sans que ces animaux ne présentent de symptômes.
Les primates non humains constituent également un groupe d’animaux à risque, et un simple contact avec leurs carcasses peut entraîner une contamination rapide. Une fois les humains contaminés, ils peuvent transmettre le virus au sein de leur famille et de leur communauté. C’est à ce stade que les animaux jouent un rôle important dans l’apparition des épidémies. Par la suite, la transmission interhumaine favorise la diffusion du virus et peut conduire à de grandes épidémies, comme cela a été observé dans plusieurs pays touchés.
Les participants à cet atelier sont des agents du ministère de l’Élevage et de la Santé animale issus des différentes régions concernées, ainsi que des agents du niveau central qui, de par leurs activités, sont exposés à ce type de risque, notamment les agents des cliniques vétérinaires.
Vu l’importance de cette maladie, le ministère a jugé nécessaire de mobiliser tous ses agents de terrain afin de les informer sur la maladie et sur les mesures de prévention. Ceux-ci doivent être suffisamment outillés pour identifier et détecter le plus rapidement possible les signes cliniques de cette maladie chez les animaux et éviter qu’elle ne soit transmise à l’homme.
« Nous avons des points de contrôle sanitaire. Les agents qui y sont affectés interviennent au niveau des ports, des postes frontaliers terrestres et des aéroports. Nous avons également des chefs de secteur et des chefs de postes vétérinaires qui prennent part à cette formation. À l’issue de cette session, ils seront, comme je l’ai dit tantôt, mieux outillés », a déclaré Élysée Zouaka, directeur de la Santé publique vétérinaire au ministère de l’Élevage et de la Santé animale.
En matière de détection précoce de la maladie et de mise en œuvre des mesures d’alerte sanitaire, cette session de formation demeure importante, car la réalité du terrain est mieux connue par les agents qui y travaillent.
Il convient de rappeler que la maladie à virus Ebola est une fièvre hémorragique virale sévère, dont plusieurs épidémies ont eu pour origine une transmission zoonotique, c’est-à-dire de l’animal à l’homme. Depuis le mois de mai 2026, des foyers ont été signalés en République démocratique du Congo, notamment au Nord-Kivu et plus récemment dans le Haut-Uélé. En République centrafricaine, le risque d’introduction de la maladie demeure élevé en raison de la longue frontière commune avec la RDC.
BVIII Pappus Héritier

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