Après trois jours d’échanges, de réflexions et de travaux pratiques, le colloque national sur l’Approche par Compétences (APC) a pris fin le vendredi 19 juin 2026 à Bangui. Organisée par l’Institut Européen de Coopération et de Développement (IECD) dans le cadre du projet Initiative pour l’autonomisation de la jeunesse, cette rencontre a permis de mettre en lumière les défis liés à la qualité de l’enseignement technique et professionnel en République centrafricaine.
Durant ces trois jours, les participants ont examiné les principaux enjeux de l’enseignement technique et professionnel dans le pays. Les discussions ont porté sur l’importance de l’Approche par Compétences, une méthode pédagogique qui privilégie l’acquisition de savoir-faire et de compétences pratiques répondant aux besoins du marché de l’emploi.
La dernière journée a été consacrée à la restitution des travaux de groupe, à la présentation des recommandations formulées par les participants ainsi qu’à l’évaluation des différentes sessions. Les apprenants ont également présenté les résultats des exercices pratiques réalisés au cours du colloque, démontrant leur capacité à mettre en œuvre les connaissances acquises.
Parmi les principales recommandations figurent la création de cadres de concertation entre le ministère de l’Éducation et le secteur privé, le renforcement de la formation des enseignants et des formateurs sur les nouvelles technologies, l’amélioration des infrastructures de formation ainsi que la mise à niveau des plateaux techniques, matériels et équipements destinés aux travaux pratiques dans les centres de formation. Les participants ont également recommandé la vulgarisation de l’APC à tous les niveaux de formation, la révision des programmes, des outils d’évaluation et des référentiels de compétences en associant davantage les formateurs, ainsi que le renforcement du suivi pédagogique à travers des mécanismes de tutorat et un accompagnement régulier des structures de formation.
Concernant le secteur privé, les recommandations portent notamment sur l’adaptation des programmes de formation aux besoins du marché de l’emploi, l’intégration de modules d’entrepreneuriat et d’éducation financière dans les cursus de formation, l’encouragement du développement du secteur privé par la création de fonds d’investissement destinés à soutenir les initiatives entrepreneuriales, ainsi que l’amélioration générale de la qualité de l’éducation et des formations dispensées.
Koula Koren, microbiologiste et formatrice à l’Institut des sciences paramédicales, également intervenante lors du colloque, est revenue sur les principaux points abordés durant les travaux :
« Nous avons échangé avec les apprenants sur tout ce qui concerne l’Approche par Compétences. La question centrale était de savoir si les connaissances transmises sont en adéquation avec les réalités du terrain. Nous nous sommes interrogés sur leur capacité à être autonomes et à valoriser les compétences acquises sur le marché du travail. Mon souhait, à l’issue de ce colloque, est de voir les principes de l’APC effectivement appliqués dans nos centres de formation. J’espère également que les partenaires pourront appuyer les établissements qui ne disposent pas encore des équipements nécessaires », a-t-elle déclaré.
Du côté du ministère de l’Éducation nationale, le directeur de cabinet, Dieudonné Gazalongo, qui a présidé la cérémonie de clôture, a salué les efforts collectifs déployés durant ces trois jours de travaux. Il a rappelé que l’objectif principal de ce colloque est de bâtir un système de formation professionnelle performant, inclusif et adapté aux besoins du marché de l’emploi.
Selon lui, la réussite de cette réforme dépendra de l’engagement de l’ensemble des parties prenantes autour d’une vision commune et cohérente, axée sur l’émergence des compétences, l’amélioration de la qualité de la formation et le développement de l’entrepreneuriat.
Ce colloque s’inscrit dans le cadre de la réforme du système de formation professionnelle en République centrafricaine. Il vise à créer un espace de réflexion, de dialogue et de prise de décision autour de la modernisation de l’enseignement technique et professionnel afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail.
Freddy Ulrich Tanga

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