Dans un climat politique où chaque geste est scruté, la démission de Blaise Didacien Kossimatchi du bureau politique du Mouvement Cœurs Unis (MCU) a suscité de nombreuses interrogations. Figure emblématique de la galaxie panafricaine et proche du président Faustin-Archange Touadéra, Kossimatchi a tenu à lever toute ambiguïté sur les raisons de son retrait. Loin d’un acte de rupture, il s’agit selon lui d’un choix stratégique visant à éviter le cumul de fonctions et à renforcer son action associative.

Lors d’une rencontre avec les médias, Kossimatchi a expliqué que sa décision n’était pas motivée par une quelconque frustration ou opposition. « Merci beaucoup les spécialistes des médias de venir massivement ce matin suivre un éclairage sur ce que vous avez vu hier sur les réseaux sociaux concernant ma démission », a-t-il lancé en ouverture. Pour lui, il était essentiel de couper court aux rumeurs et de préciser que son engagement derrière Touadéra reste intact.

Le poste de secrétaire national chargé de la sensibilisation, de la mobilisation et de la stratégie globale au sein du MCU est, selon ses mots, « très lourd, pesant ». Kossimatchi a insisté sur la difficulté de concilier cette responsabilité avec la coordination de milliers d’associations regroupées dans la galaxie panafricaine. « On ne peut pas se diviser entre deux réunions. Il faut choisir là où l’on peut travailler efficacement », a-t-il expliqué.

Il a rappelé que son rôle auprès des associations religieuses et civiles exige une disponibilité totale. « L’Église m’a sollicité. Je suis en train de faire un travail avec toutes les associations religieuses. Mais quand je suis politique, je veux aller là-bas, qu’est-ce que les gens vont me dire ? Vaut mieux être association simple », a-t-il ajouté.

Kossimatchi dirige la galaxie panafricaine, une plateforme regroupant des milliers de membres mobilisés pour soutenir la politique du président Touadéra. Il a souligné que cette structure constitue un pilier essentiel de la coalition présidentielle. « J’ai une grande plateforme qui regorge en son sein des milliers d’âmes. C’est à l’issue de ça qu’on a dit que trop de charges risquent de nous mettre dans un problème très sérieux », a-t-il précisé.

Face aux spéculations, Kossimatchi a tenu à rassurer : « Il n’y a même pas de feu dans la maison. Quitter le MCU n’est pas égal à être un opposant. Nous restons tous derrière Touadéra. » Cette phrase, répétée à plusieurs reprises, traduit sa volonté de dissiper toute idée de crise interne. Pour lui, son retrait du bureau politique est une manière de mieux servir la cause présidentielle en se concentrant sur le terrain associatif.

Kossimatchi a révélé qu’il envisageait déjà cette démission avant la campagne présidentielle, mais qu’il avait préféré attendre la fin des élections pour éviter toute incompréhension. « Pour éviter tout amalgame, j’ai voulu attendre que toutes les élections soient passées », a-t-il expliqué. Ce timing, selon lui, permet de clarifier sa démarche sans perturber la dynamique électorale.

Tout au long de son intervention, Kossimatchi a réaffirmé son soutien indéfectible au président Touadéra. « Nous sommes là tous derrière Touadéra. On travaille pour lui, on le soutient », a-t-il martelé. Son départ du bureau politique du MCU ne doit donc pas être interprété comme une prise de distance, mais comme une redistribution des responsabilités pour plus d’efficacité.

En se retirant du bureau politique, Kossimatchi entend renforcer l’action associative et alléger ses responsabilités politiques. Il considère que cette réorganisation est nécessaire pour éviter l’essoufflement et maintenir la mobilisation des bases. « Vu ma charge, la charge est très lourde. Il vaut mieux laisser ça à quelqu’un d’autre et me charger uniquement de celle d’ici avec les autres pour pousser le bateau », a-t-il conclu.

La démission de Blaise Didacien Kossimatchi du bureau politique du MCU n’est pas une rupture, mais un repositionnement stratégique. En privilégiant son rôle au sein des associations, il entend continuer à soutenir le président Touadéra avec plus de disponibilité et d’efficacité. Son message est clair : il n’y a pas de crise au sein du MCU, mais une volonté de mieux organiser les forces en présence pour accompagner la politique présidentielle.             Dieu Béni Anderson Kabou