À Sibut, dans la préfecture de la Kémo, l’atelier de revue programmatique du projet « Les voies vers l’autonomisation des jeunes » a marqué une étape stratégique importante pour évaluer l’état d’avancement du projet, ajuster ses interventions et optimiser son impact. Financé par le Fonds du Secrétaire général des Nations Unies pour la consolidation de la paix et lancé en février 2024 en République centrafricaine (RCA), ce projet vise à soutenir l’inclusion des jeunes marginalisés dans les processus démocratiques et à promouvoir une culture de paix.
Cette rencontre a réuni les partenaires du consortium DanChurchAid (DCA), Conciliation Resources (CR), Médias Démocratie Développement Durable (M3D), Fondation Vegas Jeunes pour le Développement (FVJD) et la Coopération d’Appui Technique au Développement Communautaire (CATDEC), ainsi que les représentants des ministères de tutelle, les autorités administratives et locales, les comités de suivi à base communautaire et les représentants des bénéficiaires.
Les objectifs de cette revue étaient entre autres d’examiner le degré d’atteinte des résultats et des indicateurs définis, de dresser un bilan du temps écoulé en évaluant la pertinence, l’efficacité et la cohérence des interventions mises en œuvre, d’identifier les bonnes pratiques, les facteurs de succès et les contraintes de mise en œuvre, de capitaliser les leçons apprises à ce jour, de proposer des mesures correctives réalistes permettant de mettre en place une stratégie de sortie fondée sur les réalités du terrain, ainsi que de renforcer l’appropriation des résultats par les ministères de tutelle, les partenaires et les bénéficiaires.
Les échanges ont fait ressortir un bilan positif des formations ainsi qu’un taux d’exécution des activités de 90 %. Ils ont également mis en évidence un changement de comportement chez les jeunes, à travers l’implication de plus de 600 jeunes et 90 détenteurs de pouvoir, mobilisés dans plus de 20 activités communautaires consacrées à la consolidation de la paix, à la cohésion sociale et à la prévention de la violence.
Les efforts du projet en faveur de l’inclusion du genre ont démontré un impact significatif. Au moins 43 % des participants sont des femmes, parmi lesquelles 37 % occupent des postes de décision au sein de leurs structures. Grâce aux actions menées pour renforcer l’engagement citoyen, 8,4 % des bénéficiaires ont été candidats aux élections de décembre 2025.
L’atelier a également été marqué par plusieurs témoignages poignants de représentants des bénéficiaires, qui ont participé activement aux processus démocratiques et contribué à un paysage politique plus pacifique et inclusif à Bangui, Sibut et Kaga-Bandoro.
Après 18 mois de mise en œuvre, il est à noter que de nombreux jeunes sont désormais capables d’analyser les conflits au sein de leurs communautés et de concevoir des plans d’action locaux répondant aux préoccupations de leurs localités en proposant des solutions pragmatiques. Plus confiants et mieux outillés, 73,5 % des bénéficiaires participent désormais à des structures de prise de décision communautaire, contre 10 % au niveau de référence. Par ailleurs, 97,5 % affichent un niveau accru de connaissances civiques et 90 % agissent contre la désinformation dans leurs localités.
Des limites et des points de vigilance ont toutefois été soulignés. Le partage du pouvoir demeure encore largement symbolique, de nombreux détenteurs de pouvoir assimilant toujours l’inclusion des jeunes à leur « éducation » plutôt qu’à un véritable partage de la prise de décision. En outre, le bien-être psychosocial rapporté reste plus faible dans la Kémo (56 %) qu’à Bangui (94 %) et à Kaga-Bandoro (99 %), ce qui appelle une attention particulière.
Ce projet, prévu pour une durée de deux ans, entre dans sa phase finale. Les quatre prochains mois seront consacrés à la finalisation de la mise en œuvre des plans d’action locaux à Kaga-Bandoro, au lancement de l’étude sur le genre, la jeunesse et la désinformation, à la promotion d’un partage réel du pouvoir de décision au-delà de la sensibilisation, ainsi qu’à la réduction des écarts de bien-être identifiés lors de l’évaluation à mi-parcours.
Zarambaud Mamadou

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