L’organisation Peace and Development Watch (PDW), avec le soutien de la National Endowment for Democracy (NED), a organisé ce vendredi la 11ᵉ édition des Journées de l’Observatoire, placée sous le thème : « Jeunesse, engagement civique et participation citoyenne ».
Cette rencontre a réuni plusieurs participants autour d’un objectif commun : réfléchir aux défis qui entravent la participation des jeunes à la vie publique et identifier des solutions concrètes pour renforcer leur rôle dans la construction de la paix et du développement en République centrafricaine.
La jeunesse centrafricaine, qui représente près de 60 % de la population, constitue un levier stratégique pour le développement économique, la cohésion sociale et la vitalité démocratique du pays. Pourtant, elle évolue dans un contexte marqué par une forte vulnérabilité socio-économique. Une grande partie des jeunes restent confrontés au chômage, à la précarité et à l’insuffisance des services de base. Ont alerté les organisateurs de cette rencontre.
Au cours des échanges, plusieurs lignes de fracture qui affectent la jeunesse ont été identifiées. Il s’agit notamment de la fracture de confiance envers les institutions, alimentée par un sentiment de non-écoute, de la fracture territoriale entre Bangui et les villes de province, ainsi que des disparités entre les zones urbaines et rurales.
Les participants ont également souligné l’existence d’une fracture socio-économique, liée à la pauvreté, au chômage et aux difficultés d’accès à la formation ainsi qu’une fracture informationnelle et numérique, qui accentue les inégalités d’accès à une information fiable et limite la capacité des jeunes à faire face à la désinformation.
Pour Kessy Ekomo, directrice de PDW, la fidélité des participants constitue l’une des plus grandes réussites de cette initiative. « Pour nous, l’un des plus grands succès est d’avoir un public fidèle. Certaines personnes participent aux Journées de l’Observatoire depuis la première édition et continuent de venir avec des membres de leur communauté. Un autre succès, c’est de constater que les discussions que nous avons ici donnent naissance à de nombreuses initiatives », a-t-elle déclaré.
Présent à la rencontre, Théophane Ngbaba a salué la pertinence de ce cadre d’échange. « Ce genre d’initiative est vraiment important. En Centrafrique, il existe peu d’espaces qui réunissent des personnes venues d’horizons différents pour échanger sur des questions essentielles », a-t-il affirmé.
De son côté, Ousna Armandine Sabé, présentatrice de télévision et chroniqueuse, a insisté sur la nécessité d’accompagner davantage les jeunes. « Les jeunes d’aujourd’hui sont engagés et très motivés. Ce qui leur manque surtout, ce sont des repères et une meilleure orientation », a-t-elle souligné.
À l’issue de cette 11ᵉ édition, les organisateurs espèrent aboutir à une cartographie consolidée des réalités de la jeunesse centrafricaine, à une analyse argumentée des enjeux de son engagement citoyen, ainsi qu’à une meilleure compréhension de ses attentes, de ses aspirations et des fractures qui freinent son plein épanouissement. Charlemagne Nzembe

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