À l’occasion de la Journée internationale de l’Enfant africain, le Ministère de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local (MATDDL) déploie une vaste campagne de remise d’actes de naissance à Bangui ainsi que dans plusieurs localités du pays. Cette initiative permettra à plus de 30 000 enfants, jusque-là dépourvus d’existence légale, d’obtenir un document essentiel à la reconnaissance de leurs droits.
Le lancement officiel de cette campagne s’est déroulé à la mairie du 4ᵉ arrondissement de Bangui, au cours d’une cérémonie présidée par le Directeur de Cabinet du MATDDL, en présence du Chef de la Coopération de l’Union européenne en République centrafricaine.
À cette occasion, une remise symbolique d’actes de naissance a été effectuée au profit de plusieurs bénéficiaires. Dans la seule mairie du 4ᵉ arrondissement, près de 4 000 actes de naissance seront délivrés au cours de cette opération.
Cette campagne s’inscrit dans le cadre du Projet européen d’appui à la modernisation et à la sécurisation du système d’état civil, mis en œuvre avec l’appui technique de CIVIPOL et financé par l’Union européenne. Grâce à ce projet, plus de 235 000 enfants ont déjà été enregistrés à l’état civil à travers le pays.
La cérémonie a également été marquée par plusieurs témoignages de bénéficiaires. Mme Micheline Mokotemapha, mère d’un enfant ayant reçu son acte de naissance, a souligné l’importance de ce document qui permet à chaque citoyen de circuler librement et de jouir pleinement de ses droits.
Pour sa part, M. Samuel Waïna, directeur de l’école Ndress 1, s’est félicité de l’amélioration de la situation des élèves de son établissement ayant obtenu leurs actes de naissance. Il a toutefois souhaité que ces actions soient pérennisées afin que tous les enfants puissent bénéficier d’un enregistrement à l’état civil.
Dans son allocution de bienvenue, M. Obed Fendakpa, maire du 4ᵉ arrondissement de Bangui, a plaidé pour l’extension des campagnes d’enregistrement aux personnes âgées de plus de 18 ans. Selon lui, cette mesure permettrait à de nombreux jeunes désireux de poursuivre leurs études ou d’accéder à certaines opportunités de régulariser leur situation administrative.
Le Directeur de cabinet, quant à lui, a précisé que l’amélioration de l’accès à l’état civil constitue un enjeu majeur pour le développement de notre pays. Un système d’état civil performant permet non seulement de protéger les droits des individus, mais aussi de renforcer la planification des politiques publiques, la gouvernance locale et la cohésion sociale.
Il a également invité les autorités locales, les leaders communautaires, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires au développement à poursuivre leur mobilisation afin qu’aucun enfant centrafricain ne soit laissé de côté.
Enfin, le Chef de la Coopération de l’Union européenne a exprimé sa satisfaction face aux efforts déployés par les autorités centrafricaines pour améliorer l’accès aux services publics et rapprocher l’administration des populations sur l’ensemble du territoire national. Il souligne également qu’à travers cette campagne, le Gouvernement centrafricain et ses partenaires réaffirment leur engagement en faveur du droit à l’identité, un droit fondamental qui constitue la porte d’entrée vers l’exercice de nombreux autres droits pour les enfants.
Il conclut en saluant l’engagement du Ministère de l’Administration du Territoire, des collectivités locales, de CIVIPOL ainsi que de l’ensemble des acteurs qui contribuent à la réussite de cette initiative. Leur mobilisation témoigne d’une volonté commune de garantir à chaque enfant le droit fondamental à une identité.
Angela Pascale KOYAKANGUI

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