Les acteurs de l’éducation, de la formation professionnelle, du secteur privé ainsi que les partenaires techniques et financiers se sont réunis le mercredi 17 juin 2026 à Bangui pour l’ouverture d’un colloque national consacré à l’Approche par Compétences (APC). Cette initiative est portée par l’Institut Européen de Coopération et de Développement (IECD), avec le financement de l’Agence Française de Développement (AFD) et de l’Union européenne.
Ce colloque de trois jours, prévu du 17 au 19 juin, s’inscrit dans le cadre de la réforme du système de formation professionnelle en République centrafricaine. Il vise à créer un espace de réflexion, de dialogue et de prise de décision autour de la modernisation de l’enseignement technique et professionnel afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail.
Dans son allocution, le directeur général de l’IECD, Patrice Noa, a rappelé l’engagement de son institution en faveur du développement du capital humain.
« L’IECD est en République centrafricaine depuis 2023 et a fait le choix d’investir dans le capital humain, car une jeunesse compétente constitue le moteur du développement économique et social. Cette conviction s’est traduite par la mise en œuvre du projet Initiative pour l’autonomisation de la jeunesse centrafricaine. La mission de l’IECD est de contribuer à la construction d’un système de formation plus performant, plus inclusif et davantage connecté aux besoins du marché », a-t-il déclaré.
Selon lui, cet investissement a déjà permis d’obtenir des résultats concrets. « Cinq centres de formation sont accompagnés dans la mise en œuvre de l’Approche par Compétences. Deux référentiels de formation ont été élaborés et validés avec le ministère de l’Éducation nationale. Quatre filières prioritaires ont été renforcées : la maçonnerie, le carrelage, la plomberie et l’électricité. Environ 600 jeunes, hommes et femmes, ont déjà bénéficié de formations selon l’APC, tandis que 64 formateurs ont vu leurs capacités renforcées. Nous avons également investi dans l’amélioration des infrastructures à travers la rénovation de plusieurs centres et le renforcement progressif des équipements techniques nécessaires à un apprentissage de qualité. Investir dans les compétences, c’est investir dans l’avenir, et investir dans la jeunesse, c’est investir dans l’avenir de la République centrafricaine », a-t-il ajouté.
Prenant la parole à son tour, Pierre Alfred Lebaramo, chargé de mission de l’Agence Française de Développement (AFD) à Bangui, a réaffirmé le soutien de son institution au gouvernement centrafricain.
« L’Agence Française de Développement appuie le gouvernement centrafricain depuis plusieurs années dans sa dynamique de consolidation de la paix ainsi que de développement durable et harmonieux au bénéfice de la population. Le pays fait face à des défis majeurs, notamment en matière d’insertion des jeunes et de réponse à une demande sociale croissante. L’AFD a ainsi renforcé son appui au secteur de l’éducation et de la formation en République centrafricaine à travers des interventions en faveur du ministère de l’Éducation et du ministère du Travail », a-t-il expliqué.
Il a également évoqué le projet mis en œuvre par l’IECD depuis janvier 2023. « L’un des projets que nous avons financés est l’Initiative pour l’autonomisation de la jeunesse, mise en œuvre par l’IECD en République centrafricaine. Son objectif est de contribuer à l’autonomisation des jeunes et à la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes grâce à l’accès à la formation et à l’amélioration de l’insertion socioprofessionnelle, tout en renforçant le tissu économique local à Bangui et dans sa périphérie », a-t-il souligné.
Pour sa part, Dieudonné Gazalongo, directeur de cabinet au ministère de l’Éducation nationale, a mis en avant les attentes liées à ce colloque.
« Je remercie l’équipe de l’IECD qui soutient notre système éducatif depuis plusieurs années. Elle a introduit de nombreuses innovations dans l’enseignement technique. À travers ce colloque, nous voulons faire comprendre à nos apprenants que la formation ne doit pas uniquement conduire à un emploi dans la fonction publique. Ils doivent également être capables de créer leurs propres activités et de devenir des acteurs du développement économique », a-t-il indiqué.
À l’issue de cette rencontre, les organisateurs espèrent voir émerger une jeunesse mieux formée, capable de contribuer au développement du pays à travers la création d’emplois et d’activités génératrices de revenus.
Rappelons que cette initiative de l’IECD et de ses partenaires vise à contribuer à la transformation durable du système de formation professionnelle en République centrafricaine, en mettant l’accent sur le développement de compétences adaptées aux réalités économiques et aux besoins des entreprises.
Freddy Ulrich Tanga

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