À quelques jours de la Journée mondiale du réfugié, célébrée chaque 20 juin, la République centrafricaine a mis en lumière la situation de ses réfugiés et demandeurs d’asile lors d’un café presse organisé par la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Cet événement, tenu à Bangui, a permis de dresser un bilan précis : 57 450 réfugiés et demandeurs d’asile vivent actuellement sur le territoire centrafricain, majoritairement originaires du Soudan, du Tchad et du Congo.
Créée en 1986, la CNR vient de célébrer ses 40 ans d’existence. Elle joue un rôle central dans la protection, l’assistance et la recherche de solutions durables pour les réfugiés. Son secrétaire, Ervey Zouaka, a rappelé l’importance de cette mission :
« La situation des réfugiés que nous présentons aujourd’hui mérite une attention humanitaire très sublime. La présence des réfugiés n’est pas une fatalité, mais une fenêtre d’opportunité pour le développement endogène, soutenue par des partenaires comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. »
57 450 réfugiés et demandeurs d’asile recensés en RCA. 12 000 réfugiés de longue date protégés depuis plusieurs années. 50 000 réfugiés soudanais, tchadiens et congolais arrivés récemment à cause des crises régionales. 650 000 Centrafricains réfugiés dans les pays voisins.
Ces chiffres traduisent l’ampleur du défi humanitaire, mais aussi la nécessité de transformer cette réalité en levier de résilience et de développement.
Le gouvernement centrafricain et ses partenaires, dont le HCR, insistent sur l’importance d’un soutien accru de la communauté internationale. Les contraintes budgétaires mondiales menacent les capacités d’assistance, mais la RCA refuse de voir cette situation comme une fatalité.
Ervey Zouaka a souligné : « Le gouvernement centrafricain plaide pour le maintien de l’attention et de l’engagement de la communauté internationale. La présence des réfugiés peut être une opportunité pour promouvoir le mérite, les compétences et la résilience des réfugiés vivant en RCA. »
Le représentant du HCR en RCA, William Chemaly, a replacé cette journée dans une perspective mondiale : « Cette année marque 75 ans depuis que les gouvernements se sont mis d’accord sur une promesse simple : chaque personne qui fuit la guerre ou la persécution trouvera des bras ouverts, trouvera un refuge. C’est une promesse que la Centrafrique tient envers ses voisins, et dont les Centrafricains continuent de bénéficier chez leurs voisins. »
Il a également insisté sur le caractère particulier de cette célébration dans le contexte de la 7e République centrafricaine, proclamée par le président Faustin-Archange Touadéra comme une ère de reconstruction.
« Nous passons d’une phase d’assistanat à une phase de solutions qui contribuent au développement. Adapter et réorganiser ne signifie pas désengagement. Le HCR continuera à appuyer la CNR et les autorités pour transformer les zones d’accueil en zones d’inclusion et de développement. »
Cette nouvelle approche vise à dépasser la logique de l’urgence humanitaire pour inscrire l’accueil des réfugiés dans une dynamique de développement durable. Les zones d’accueil, comme Birao, sont appelées à devenir des pôles d’inclusion, avec des investissements dans les services publics, les infrastructures et les projets communautaires.
Le HCR et ses partenaires entendent ainsi accompagner le gouvernement dans la modernisation des structures locales et dans la valorisation des compétences des réfugiés.
La présence des réfugiés en RCA, bien que massive, est perçue comme une opportunité de résilience. Elle permet de renforcer la cohésion sociale, de stimuler le développement endogène et de consolider la stabilité nationale.
La célébration de la Journée mondiale du réfugié rappelle que la solidarité envers les réfugiés est un impératif humanitaire, mais aussi un levier stratégique pour l’avenir du pays.
Avec plus de 57 000 réfugiés sur son sol et 650 000 citoyens réfugiés à l’étranger, la République centrafricaine se trouve au cœur d’un défi humanitaire majeur. Mais grâce à la volonté politique, au soutien des partenaires internationaux et à la résilience des réfugiés eux-mêmes, ce défi peut devenir une opportunité de reconstruction et de développement durable.
La RCA démontre ainsi que la solidarité n’est pas seulement un devoir moral, mais une force de transformation pour bâtir un avenir plus stable et prospère.
Dieu Béni Anderson Kabou

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