En Centrafrique, le mois de Novembre et Décembre sont les mois saisonniers de récolte de l’orange, un fruit tant consommé à travers le monde et particulièrement par les Centrafricains. La culture des orangers est très pratique dans les villages ce qui fait que les villageois viennent de partout avec les oranges en ce moment de récolte. Par conséquent, ce fruit inonde le marché en abondance et se vend à bon prix. Oubangui Médias a sillonné quelques marchés de la capitale Bangui et s’est intéressé à cet aspect.

Il est 9h 00, nous sommes au marché de Pétèvo dans le 6e arrondissement de Bangui. À l’Equateur où les commerçants vendent le fruit d’orange en provenance des villages environnants de la ville. L’abondance du fruit est visible dans les marchés de la capitale Bangui.

Marie mère de 6 enfants, est une vendeuse d’orange : « nous sommes très dessus pour nos marchandises qui sont en abondance dans les marchés mais les clients ne viennent pas pour les acheter. Et vu la distance de Bangui, Grimari, Bambari, Dékoua, Bandoro en ajoutant la dégradation routière, nous sommes disposés d’y aller pour la compagne de vente de ce fruit. De fois certains conducteurs refusent d’aller à cause de la dégradation des routes » se lamente-t-elle.

Les plaintes relatives à la mévente de ce fruit sont partagées par les vendeuses du marché de SAO dans le 7e arrondissement. Elles se disent découragées aussi en cette période, les oranges sont en abondance, malgré qu’elles vendent à un prix abordable ce fruit reste invendus dans les marchés. Merline vendeuse d’orange au marché de PK12 déplore cette situation : « les oranges sont en abondance dans les marchés, j’ai acheté pour 60000 FCFA en ajoutant le transport et les tracasseries routières 20000 FCFA ce qui nous donne en total 80000 FCFA. Mais on ne fait pas assez de recette comme l’année dernière, même pour avoir nos capitaux c’est difficile. Nous voulons que les gens viennent acheter ». A-t-elle souhaité.

Cependant, malgré l’abondance d’orange sur les marchés, les clients quant à eux dénoncent la cherté. Divine l’une de ces revendeuses ambulantes d’orange. « C’est difficile pour nous les vendeuses ambulantes, nous achetons 5 fruits à 200 FCFA, de fois les gens veulent acheter à 25 FCFA l’unité et ce n’est pas facile qu’on vende tous en un jour afin d’avoir les bénéfices ».

La mévente du fruit dans les marchés est une situation qui interpelle du moment où on a forte production mais la consommation reste très minime. Les cultivateurs appellent à une consommation d’orange tandis que les consommateurs exigent la baisse des prix. Ce dilemme occasionne souvent des pertes surtout que très peu d’entreprises sont spécialisées dans la transformation des produits en Centrafrique. Mais il faut noter que l’orange est un bon fruit riche en caroténoïdes, notamment en betacryptoxantine que l’organisme convertit en vitamine A. Et l’orange sanguine fournit du lycopène. Les oranges contiennent des composés bénéfiques pour la santé appelés flavanones.

Pour cela, les cultivateurs appellent les autorités à créer les sociétés de fabrication du jus afin d’encourager la production de ce fruit qui est consommé de manière naturelle en Centrafrique. Souvent les usagers consomment des oranges à défaut de l’eau pour se déshydrater.  Loïc Mbombo