carcérale, le Comité International Croix-Rouge (CICR) renforce la capacité des responsables de l’intendance et de l’infirmerie carcérale de la ville de Bouar, Bambari et Bangui à son siège même durant trois jours à Bangui. La formation qui a démarré le 18 novembre prend fin ce 20 novembre sur une note de satisfaction des participants.

Le CICR visite les lieux de détention en République Centrafricaine (RCA) depuis plusieurs décennies dans le cadre de suivi des conditions de détention et du traitement des détenus, un accent est particulièrement mis sur l’alimentation des détenus, ainsi qu’à leur situation de santé et leur accès aux soins.

En septembre 2017, avec l’accord et la coopération des autorités pénitentiaires, le CICR a réalisé des mesures de l’Indice de Masse Corporelle (IMC) pour tous les détenus de la maison carcérale de Ngaragba, ainsi qu’une observation et analyse de la chaîne alimentaire dans cet établissement pénitentiaire. Cette collaboration a permis au CICR de réhabiliter la cuisine en augmentant la capacité de cuisson avec 4 fours Bellerive et la mise en œuvre d’un programme d’urgence de la prise en charge des détenus malnutris.

Afin de rendre autonome la gestion de la chaine alimentaire et mener à bien la lutte contre la malnutrition en milieux carcérale, le CICR se propose de renforcer les capacités des responsables de l’intendance et ceux de l’infirmerie sur l’approche intégrée de la lutte contre la malnutrition en milieux carcérale et les bonnes pratiques culinaires. Cette séance permettra également d’outiller les responsables de gestion de budget d’alimentation et les activités sensibles à la nutrition afin d’améliorer la situation nutritionnelle des détenus. Kevin De-bonheur Saramandji Loko, nutritionniste au CICR précise que : « l’idée c’est pour les outiller sur les bases en nutrition et la chaîne alimentaire des détenus malnutris. Ça fait partie du mandat de CICR d’appuyer les autorités pénitentiaires sur l’amélioration des conditions des détenus parce qu’on s’est rendu compte que l’un des problèmes que rencontrent les détenus et que les autorités aussi font face aujourd’hui en milieu carcéral reste la situation nutritionnelle. La situation nutritionnelle ne fait que se dégrader dans nos maisons carcérales ici en République centrafricaine et c’est ce qui nous a poussé à réunir tous ses responsables c’est-à-dire ceux qui gèrent le budget alloué à l’alimentation et ceux qui font la prise en charge medico-nutritionnel sur le terrain à se mettre ensemble pour les outiller à faire la prise en charge et de lutter contre ce fléau qui est la malnutrition en milieu carcéral ».

Barbara Bercy Béré, infirmière pénitentiaire à la maison carcérale de Ngaragba est une participante à cette formation. Elle se livre à Oubangui Médias : « c’est un atelier de trois jours organisé par le CICR à l’endroit des intendants pénitentiaires et infirmiers majors sur la gestion de la chaîne alimentaire en milieu carcéral et la malnutrition. Pendant ces trois jours, j’ai appris la prise en charge des détenus malnutris et la chaîne alimentaire en milieu carcéral. La chaîne alimentaire en milieu carcéral est un système de budgétisation, de stockage, de livraison, de la préparation jusqu’au niveau de la distribution. Si le budget est petit, la livraison sera petite et le stockage, la préparation jusqu’au niveau de la distribution n’est pas de bonne qualité. Et les détenus peuvent tomber dans la malnutrition. En tant qu’infirmière pénitentiaire, j’ai appris beaucoup de choses sur la prise en charge des détenus malnutris », a-t-elle expliqué en promettant toutefois d’améliorer ses services à son retour au travail après cette séance de renforcement des capacités qu’elle a suivie.

Hormis ces ateliers de renforcement des capacités des responsables carcéraux, le CICR a un programme avec le gouvernement centrafricain. Ce programme consiste à prendre en charge les détenus malnutris en leur donnant des intrants et des outils nécessaires pour leur prise en charge.     Belvia Esperance Refeïbona