Le ministère de l’Urbanisme, de la réforme foncière de la ville de Bangui et de l’habitat veut trouver une solution aux problèmes liés à la maintenance des ouvrages publics dans la capitale centrafricaine. Pour ce faire, il a organisé le vendredi 19 juillet dernier, avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), une première session de création du cadre de concertation de la mise en œuvre du plan d’entretien et de maintenance des ouvrages de drainage de la ville de Bangui. Une réponse aux exigences des partenaires.
Cette première session du cadre de concertation a réuni les autorités locales, les organismes de gestion de l’assainissement, les experts techniques, les bailleurs de fonds et d’autres parties impliquées. Son objectif consiste à examiner et valider les conclusions et les recommandations du rapport de diagnostic du financement de l’assainissement qui existe déjà, de discuter des besoins de mise à jour du plan d’entretien et de maintenance des ouvrages d’assainissement en tenant compte des nouvelles informations et des meilleures pratiques identifiées. De surcroit, elle permet de définir un plan d’action pour mettre en œuvre les recommandations issues de ce rapport de diagnostic et de mise à jour du plan d’entretien. Enfin, d’explorer les possibilités de mobilisation de financements supplémentaires pour soutenir les activités d’assainissement et de drainage.
Selon Arthur Dézogba Coordonnateur du Projet d’initiatives locales et environnementales pour la gestion des inondations (PILEGI), le projet qui abrite la politique du gouvernement, cette initiative a pris sa source d’un constat et répond aux exigences des partenaires, a-t-il-dit. « Tout est parti d’un constat que nous avons fait dans la ville de Bangui. Il y a des partenaires au développement tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l’Agence française de développement qui nous ont toujours accompagné dans le financement des travaux de drainage de la ville de Bangui. Mais nous nous sommes rendu compte qu’après ces travaux, il y a un problème de maintenance. Et quand nous réalisons ces travaux nous mettons à la disposition de la mairie pour la gestion. Malheureusement, elle n’a pas les moyens pour entretenir et maintenir ces équipements. Et ça nous a poussés à réfléchir à un cadre de concertation permanent pour qu’il ait une synergie autour des actions à mener pour la maintenance et l’entretien de ces équipements. Et ça fait partie des conditionnalités de l’AFD lorsqu’il est question de lancer le projet « PILEGI ». Parce que ça ne sert à rien de construire si on ne peut pas avoir les moyens de l’entretenir. C’est pourquoi nous avons jugé utile aujourd’hui que cette session se tienne pour que tous ceux qui interviennent dans ce domaine urbain et de gestion des infrastructures en puissent se réunir et surtout mobiliser des recettes internes pour maintenir et entretenir ces ouvrages ».
A travers l’initiative, le ministère de l’Urbanisme veut trouver des solutions aux problèmes d’inondation dans la ville de Bangui, causée par le dépôt d’ordures dans les canaux d’évacuation.
Les missions du cadre de concertation
Le cadre de concertation est mis en place par l’arrêté n°011/23 du ministère centrafricain de l’Urbanisme. Ce cadre a pour attributions d’orienter les activités de planification des aménagements urbains, l’organisation des activités de drainage, de curage, d’entretien et de maintenance des ouvrages, de réfléchir sur la gestion des décrets de toute nature, d’encadrer les actions de suivi et du contrôle des activités, de rechercher les financements des actions relatives à la voirie urbaine et à l’entretien des ouvrages de drainage, d’élaborer un plan d’action, de communication et de sensibilisation et de coordonner le suivi de la mise en œuvre des activités du plan d’entretien et de maintenance des ouvrages de drainage.
Etant absente, la ministre centrafricaine de l’Urbanisme Nicole Nkoué était représentée par son collègue des Transport et de l’aviation civile, le ministre Gontran Djono-Ahaba. Dans son message, ce dernier a recommandé aux membres du cadre de concertation de jouer leur rôle.
« Pour accomplir ses attributions et réussir sa mission, le cadre de concertation permanent a besoin que chacun d’entre nous joue son rôle soutient et demande des comptes sur les budgets engagés et les résultats obtenus. Nous devons également rester modestes sur les moyens nécessaires pour le fonctionnement de cette instance car, pour le bien de nos populations, il est essentiel que ce cadre puisse se réunir sans soutien financier d’un projet », a demandé Gontran Djono-Ahaba, ministre des Transport.
Cette nouvelle politique pourrait être un début de solution pour assainir la ville de Bangui et lutter contre les inondations. Cependant, le gros défi reste à sensibiliser la population qui continue de déverser des déchets dans les canaux d’évacuation d’eau.
L’atelier a vu le jour sur la base d’un diagnostic mettant en lumière les importantes lacunes dans l’entretien et le curage des infrastructures d’assainissement de la capitale. Le rapport recommande la clarification des responsabilités de chaque partie prenante pour renforcer les capacités locales et de rechercher les modes de financements auprès des partenaires publics et privés. Il a été clôturé par l’adoption d’un plan d’actions.
Déus Gracias Tchémanguéré

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