Le projet Maïngo en partenariat avec l’ONG Femme Initiative a sensibilisé le mardi 16 juin 2026 sur l’hygiène menstruelle, la santé mentale, les violences basées sur le genre, les infections sexuellement transmissibles, les grossesses précoces, les dangers du curetage clandestins et l’avortement à risque. L’activité a été organisée au profit des élèves des communautés et des associations des mères éducatrices (AME) de Bangui.

La Journée internationale de l’hygiène menstruelle, célébrée chaque année le 28 mai, constitue une occasion importante de sensibilisation, de plaidoyer et de mobilisation communautaire en faveur de la santé menstruelle, de la dignité des filles et des femmes, et de la lutte contre les tabous liés aux menstruations.

En République centrafricaine en générale et en particulier à Bangui, comme dans de nombreux contextes, les menstruations restent entourées de silence, de stigmatisation et de croyances erronées. Cette situation freine et limite l’accès direct des adolescentes et des femmes à une information fiable, à des pratiques appropriées d’hygiène menstruelle et à des espaces sûrs de dialogue. Elle peut également contribuer à l’absentéisme scolaire, à la perte de confiance en soi, à l’isolement et à divers risques en matière de santé et de protection.

Selon Sandrine Solet, coordonnatrice de l’ONG Femme Initiatives : «  Ecoutez, on ne peut parler de l’hygiène menstruelle sans pour autant parler de la puberté. Donc ce sont là, deux conteste qui vont de pairs. Et quand on parle de la puberté, c’est d’abord la connaissance du corps de soi. Quand on ne connait pas son corps, les conséquences sont néfastes (on est sujet de l’IST, des maladies sexuellement transmissibles, des grossesses non désirées et autres) ». A-t-elle déclaré.

Au-delà de l’hygiène menstruelle, plusieurs problématiques connexes affectent fortement les adolescentes et les jeunes femmes, notamment les violences basées sur le genre, les infections sexuellement transmissibles, les grossesses précoces, les pratiques dangereuses d’interruption volontaire de grossesse (IVG) ainsi que les souffrances liées à la santé mentale.

De ce fait, docteur Joas Bauzou, spécialiste en santé communautaire, explique : « nous sommes réunis aujourd’hui pour ne pas que seulement parler de l’hygiène menstruelle mais nous allons aussi parler d’autres car il s’agir là, d’une sensibilisation intégrée. D’où, nécessité de parler aussi des problèmes genres, la santé mentale et aussi comment les jeunes doivent aborder leurs périodes de puberté ».

Une initiative qui visait à faire des bénéficiaires directs des ambassadrices et ambassadeurs communautaires et scolaires, capables de retransmettre, dans leurs environnements respectifs, des messages fiables de prévention, de protection, d’orientation et de lutte contre les tabous liés à l’hygiène menstruelle, à la santé mentale, aux violences basées sur le genre, aux infections sexuellement transmissibles, aux grossesses précoces, aux dangers des interruptions volontaires de grossesse (IVG), ainsi qu’aux mécanismes de recours disponibles à travers le numéro vert et la plateforme accessible par QR code.

C’est dans ce cadre que le projet MAÏNGO prévoit l’organisation d’une activité intégrée de sensibilisation en milieu scolaire et communautaire, avec l’implication des Associations des Mères Éducatrices (AME). Cette activité visera un impact concret et traçable, en renforçant les connaissances des participants et en les préparant à devenir des ambassadrices et ambassadeurs de retransmission au sein de leurs familles, de leurs écoles et de leurs communautés.

L’activité intégrera également la promotion d’un numéro vert géré par les organisations féminines ainsi que l’utilisation d’un QR code d’intégration à une plateforme (WhatsApp), afin de faciliter l’accès à l’information, à l’écoute et au référencement aux services appropriés.

L’objectif général est de contribuer au renforcement des connaissances, des attitudes et des pratiques des élèves, des membres des communautés et des AME sur l’hygiène menstruelle et les problématiques associées, à travers une approche intégrée de sensibilisation, de prévention, de protection et de référencement.

À travers cette sensibilisation, le projet Maïngo attend atteindre 200 bénéficiaires directs auront été sensibilisés, dont 100 adultes et 100 élèves, les participants auront amélioré leurs connaissances sur l’hygiène menstruelle, la santé mentale et les autres thématiques abordées, les tabous, idées reçues et stigmatisations liés aux menstruations auront été discutés de manière ouverte et constructive.

Les bénéficiaires auront une meilleure compréhension des risques liés aux violences basées sur le genre, aux IST, aux grossesses précoces, au curetage clandestin et aux avortements à risque, le numéro vert et le QR code d’intégration à la plateforme.

Rappelons que cette sensibilisation tourne au tour des grandes thématiques comme les menstruations et cycle menstruel, hygiène menstruelle et bonnes pratiques de gestion des règles, dignité menstruelle et lutte contre les tabous, Santé mentale et bien-être psychosocial, violences basées sur le genre.

BVIII Pappus Héritier