Il y a quelques jours, le BRDC a de nouveau réclamé la tenue d’un dialogue politique que le Président Faustin Archange Touadéra devrait, selon lui, convoquer. Cette énième demande soulève plusieurs interrogations.

Alors même que l’opposition regroupée au sein du BRDC ne reconnaît ni la légitimité populaire du Président Faustin Archange Touadéra, ni la Constitution en vigueur, elle exige du Chef de l’État l’organisation d’un dialogue politique. Pour quel résultat réel ?

Pourtant, le Président Faustin Archange Touadéra, reconnu pour son attachement au dialogue, avait tendu la main à l’opposition à la sortie de la crise provoquée par les rebelles de la CPC de François Bozizé, aujourd’hui recherché par la justice. À la grande surprise des Centrafricains, les leaders qui composent aujourd’hui le BRDC avaient choisi de boycotter le dialogue national… le jour même de son ouverture. Malgré ce boycott, le Dialogue républicain s’est tenu et a formulé plusieurs recommandations, notamment le rétablissement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire.

Toujours fidèle à sa logique de paix, le Chef de l’État a également tendu la main aux groupes armés, dont la quasi‑totalité a signé l’accord de paix, désarmé ses combattants et dissous ses structures. Même si quelques factions dissidentes persistent, le Président continue d’appeler au rassemblement.

L’opposition, elle, demeure enfermée dans une logique de partage de pouvoir et semble ignorer que les temps ont changé, que les mentalités ont évolué et que les doubles jeux sont désormais connus du dernier Centrafricain.

Boycotter les élections parce que le Chef de l’État n’a pas accepté leur projet de transition, rejeter les résultats et, par ricochet, les autorités issues des urnes, maintenir une posture de confrontation et de déstabilisation, puis revenir demander un dialogue… voilà une vieille méthode politique que la génération actuelle n’accepte plus.

Il est désormais clair qu’avant tout dialogue, ces leaders d’opposition, dépourvus d’une véritable base populaire, doivent revenir à la raison : reconnaître les autorités établies par le peuple, cesser les propos discourtois à l’égard du Président Faustin Archange Touadéra, et alors le Chef de l’État décidera, sous le regard du peuple, de l’opportunité d’un dialogue. Sinon, il demeure un véritable paradoxe de ne pas reconnaître la légitimité d’un dirigeant tout en lui demandant de s’asseoir pour discuter.

Marina Kette