La scène politique centrafricaine s’anime autour des candidatures et des projets de société. Parmi elles, celle d’Eddy Symphorien Kparekouti, président fondateur du Parti de l’unité et de la reconstruction (PUR) et actuel dirigeant de l’Union des forces démocratiques de l’opposition (UFDO), attire l’attention par son ambition de refonder l’État et de redonner espoir à un peuple marqué par des décennies de crises. Ingénieur en génie civil, diplômé en sciences politiques et en développement international, auteur de plusieurs ouvrages sur la République centrafricaine, Kparekouti se présente comme un homme de réflexion et d’action, prêt à engager son pays sur la voie de la stabilité et du développement.
Dans son discours, le candidat a insisté sur la dimension morale et symbolique de sa démarche : « Ce n’est pas seulement une campagne politique, mais une campagne d’espoir, une campagne de renaissance et de dignité du peuple centrafricain. » Cette rhétorique vise à mobiliser au-delà des clivages partisans, en s’adressant aux « frères et sœurs de toutes les régions, de toutes les communautés, de toutes les croyances ». Le PUR se veut ainsi un parti de rassemblement, porteur d’une vision inclusive.
Le programme de Kparekouti repose sur quatre axes principaux, qu’il qualifie de « piliers » :
La continuité de l’État : il promet de respecter et de renforcer les grands projets engagés depuis 2007, en leur donnant plus de cohérence et de moyens pour atteindre leurs objectifs. Cette approche vise à rompre avec la discontinuité institutionnelle qui a souvent freiné la mise en œuvre des politiques publiques.
La lutte contre la pauvreté : considérée comme « l’ennemi principal », la pauvreté doit être combattue dans toutes ses dimensions. Le candidat met l’accent sur les activités génératrices de revenus et sur l’accès à des systèmes financiers crédibles pour soutenir les initiatives des citoyens.
La lutte contre l’ignorance et les maladies : l’éducation et la santé sont présentées comme des priorités absolues. Pour Kparekouti, « l’éducation est la clé qui ouvre toutes les portes, y compris celle du développement ». Il propose un système éducatif moderne, accessible et de qualité, ainsi qu’un système sanitaire digne de ce nom, fondé sur la prévention et l’amélioration de l’environnement.
Le rassemblement de la classe politique : le candidat souhaite réunir les forces politiques autour d’une vision commune, afin de « regarder dans la même direction » et offrir une vie meilleure au peuple centrafricain. Cette volonté de dialogue et de consensus est au cœur de son projet.
Le volet éducatif occupe une place centrale dans le programme du PUR. Kparekouti insiste sur la nécessité de « changer les mentalités » et de « désenclaver les esprits », conditions préalables au développement. Il propose de réhabiliter les écoles dans toutes les préfectures, de renforcer celles qui existent déjà, de former et motiver les enseignants, y compris les maîtres-parents, et de garantir une éducation publique de qualité.
Le candidat souhaite également introduire des filières techniques et professionnelles dès l’école primaire, afin de préparer les enfants à la vie active et à la gestion de la société. Il met un accent particulier sur l’éducation des mères, considérées comme les premières éducatrices : « La maman donne d’abord 50 % de l’éducation afin que l’école puisse compléter. » Des centres de formation pour les femmes et les jeunes devraient être créés ou renforcés dans toutes les localités.
Pour Kparekouti, la santé commence par l’environnement. Il propose un système sanitaire « digne de son nom », capable de répondre aux besoins de la population. La lutte contre les maladies passe par une meilleure hygiène, une sensibilisation accrue et une couverture médicale élargie. Le candidat entend également réhabiliter les infrastructures de santé et garantir l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.
La sécurité est un autre pilier du projet. Kparekouti promet de renforcer les accords signés entre le gouvernement et les groupes armés, en veillant à leur respect mutuel. Il insiste sur l’importance d’écouter les populations affectées par l’insécurité, notamment dans des régions comme Zémio. L’objectif est d’assurer la paix sur toute l’étendue du territoire.
En matière de justice, le candidat affirme qu’« il n’y aura pas de développement sans justice ». Il propose de renforcer le système judiciaire afin de garantir une équité réelle entre les citoyens et de consolider la stabilité du pays.
La jeunesse est au cœur des préoccupations du PUR. Kparekouti constate que de nombreux diplômés se retrouvent contraints de travailler comme conducteurs de taxis-motos faute d’opportunités. Il promet de les orienter vers des formations en entrepreneuriat et de leur offrir des perspectives professionnelles adaptées à leurs compétences.
L’autosuffisance alimentaire est présentée comme une priorité immédiate. Le candidat veut promouvoir une agriculture de transformation, capable de fournir des produits pour l’exportation mais aussi pour la consommation locale. Selon lui, l’agriculture doit devenir un pilier de l’économie nationale et un facteur de stabilité sociale.
Sur le plan des infrastructures, Kparekouti propose un système aérien national, accessible et peu coûteux, pour relier les principales villes du pays. Il estime que la construction de routes prendra du temps, mais qu’un réseau aérien crédible permettra de stimuler rapidement l’économie et de renforcer l’unité nationale.
Le candidat affirme vouloir rétablir la sécurité et la quiétude du peuple centrafricain dans les trois premiers mois de son mandat, avant de mettre en œuvre son programme de développement.
Le projet de société d’Eddy Symphorien Kparekouti se veut à la fois ambitieux et réaliste. En mettant l’accent sur l’éducation, la santé, la sécurité, la justice, l’agriculture et le transport, il propose une vision globale de la reconstruction nationale.
À l’heure où la République centrafricaine s’apprête à choisir son avenir, la candidature de Kparekouti illustre la volonté d’une partie de l’opposition de proposer une alternative crédible, fondée sur la continuité de l’État et la mobilisation des citoyens. Reste à savoir si ce projet saura convaincre les électeurs et se traduire en réalité politique.
Dieu Beni Anderson Kabou

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