La défense d’Amat Issene Abakar, dernier accusé présent dans le cadre du procès de Ndélé 2, a demandé sa libération. Selon son avocat, Maître Claude Péssinam, une confusion existe entre son client, Amat Issene Abakar, et Amat Younous, dit « Encadreur », qui devrait être poursuivi à sa place.
Cette demande, formulée le mercredi 19 mars 2025 lors de son audition, intervient alors que le procès entre dans une phase cruciale. Pour Maître Claude Péssinam, il s’agit d’une « erreur judiciaire », car son client est Amat Issene Abakar et non Amat Younous Encadreur.
« Il ne peut pas être identifié sous deux identités différentes. C’est une erreur judiciaire grave, jamais vue dans l’histoire de notre pays », a déclaré l’avocat.
Affirmant que l’accusation déforme volontairement les déclarations des témoins pour incriminer son client, il a rappelé que 90 % des témoins entendus par la Cour pénale spéciale (CPS) ont affirmé qu’ils avaient entendu parler de Mahamat Encadreur mais ne l’avaient jamais vu.
Pour convaincre la Cour, l’avocat a présenté l’acte de naissance de l’accusé, son passeport et un certificat attestant de sa présence au sein du corps militaire BIT9. Ces documents, versés au dossier, indiquent clairement qu’il se nomme Amat Issene Abakar. L’objectif de la défense est de prouver que son client ne peut être confondu avec Amat Younous Encadreur.
En conséquence, il a demandé la libération de son client pour « erreur judiciaire ». « Mon client est arrêté sous un autre nom. C’est une confusion totale. C’est dire qu’il y a erreur sur personne. Nous demandons la relaxe. Il faut qu’il soit mis en liberté. Il y a un doute lourd qui pèse. Il n’arrive pas à l’identifier comme un criminel », a-t-il demandé.
Cependant, pour la partie civile, peu importe qu’il s’agisse d’Amat Issene Abakar ou d’Amat Younous Encadreur. L’accusé lui-même a reconnu son appartenance au groupe armé FPRC, ce qui constitue, selon elle, une preuve suffisante de sa responsabilité en tant que chef militaire. La défense a rejeté cet argument, précisant qu’il revient au parquet d’apporter des preuves solides. « Ce sont deux personnes distinctes », a répliqué Maître Edgar Simplice Ngama.
Amat Issene Abakar est considéré comme l’un des principaux chefs du groupe FPRC, bien qu’il réfute les actes qui lui sont reprochés. Il affirme qu’à son retour à Ndélé, il avait été chargé par le leader du FPRC, Abdoulaye Issene, d’organiser le désarmement des troupes en tant que commandant de compagnie. Il précise être revenu en mai 2020, après les attaques des 6, 8, 11 et 19 mars de la même année. « Je ne suis pas Encadreur, je m’appelle Amat Issene Abakar », a-t-il déclaré devant la Cour.
Cette demande intervient alors que la CPS de Bangui poursuit les audiences sur les crimes commis à Ndélé et ses environs en mars 2020.
La requête de libération pour « erreur judiciaire » soulève des interrogations sur la solidité des preuves et des témoignages présentés contre l’accusé.
L’affaire Ndélé 2 concerne près d’une dizaine de personnes accusées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Toutefois, seules trois d’entre elles sont actuellement jugées : Abdramane Séléman (alias Adda), Oumar Serge Abdoulaye Assan et Amat Younous (alias Mahamat Encadreur). Les faits qui leur sont reprochés concernent des exactions commises dans les villages de Ndélé, Aliou, Léména et Gozbéida.
Par ailleurs, la Cour a engagé une procédure de contumace contre les accusés en fuite.
Déus Gracias Tchémanguéré

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