Le lycée Faustin Marigot situé à Carnot, l’une des quatre Sous-Préfectures de la préfecture de la Mambéré à l’ouest de la République Centrafricaine dans la région N°2, connait un faible taux de fréquentation des filles chaque année scolaire. Oubangui Médias s’est intéressé à ce sujet lors de son séjour dans cette ville lundi 09 décembre 2024.
Les filles de la sous-préfecture de Carnot ne s’intéressent pas trop à l’école chaque année scolaire. C’est ce qu’a témoigné le proviseur du lycée Faustin Marigot de Carnot dans une interview qu’il a accordé au journal Oubangui Médias. Selon lui, les raisons sont multiples et variées. Les filles tombent parfois enceinte à bas âge ainsi que le mariage précoce sont là les principaux problèmes du désintéressement de ces filles au chemin de l’école.
Auguste Yamende, proviseur du lycée Faustin Marigot de Carnot : « Il y a un problème très pertinent sur le taux de fréquentation des filles au lycée Faustin Marigot de Carnot. Vous voyez, dès la rentrée, les filles viennent. Celles qui sont déclarées admises au concours d’entrée en 6e, elles sont là et au premier trimestre y a plus de filles pourquoi ? Les raisons sont multiples et variées. Elles sont parfois grosses et subissent de mariage précoce. Une fille en 6e, elle est déjà enceinte. Est-ce qu’elle pourra encore avoir le courage de revenir au lycée ? C’est exactement ça le nœud du problème et sans vous mentir, les parents continuent à vendre leurs filles ici au profit de l’argent. Il y a que ça donc ça fait que les filles ne vont pas loin dans les études », a fait savoir le proviseur.
En outre, il a rappelé son soutien pour la scolarisation des filles : « Moi-même je me bats pour que les filles fréquentent mais il y a des contraintes. Je vous donne un exemple palpable en 6e, nous avons au total 230 filles, 5e 107 filles, 4e 59 filles, 3e 53 filles pour un total de 449 filles au premier cycle et au second cycle, les filles sont au nombre de 121. Donc le lycée dès la rentrée totalise 570 filles. Mais après le premier trimestre cet effectif est largement en baisse. », a-ajouté Auguste Yamende, proviseur dudit lycée
Merline Belefio, élève au lycée Faustin Marigot en classe de 6e 2 âgée de 16 ans fait ce triste constat : « Certaines filles veulent aller à l’école mais parfois leurs parents n’ont pas les moyens pour payer la scolarité, l’assurance etc c’est parfois la raison qui les pousse à ne pas aller à l’école et d’autres filles leurs parents s’occupent bien de leurs scolarités et assurances et autres mais elles se désintéressent seules pour courir derrière les hommes. Quant à moi, je n’ai pas encore eu l’âge de faire une chose pareille raison pour laquelle j’ai choisi de venir lutter pour mon avenir à l’école. Tout d’abord mon père ne va même pas m’accepter avec ce genre de chose chez lui », a-t-elle fait mention.
Par ailleurs, elle a profité de prodiguer de conseils à ses collègues filles : « J’en profite de votre micro pour appeler les jeunes filles de Carnot d’arrêter de courir derrière les hommes et de revenir à l’école parce qu’on ne sait pas ce que la vie peut vous réserver », a déclaré cette jeune fille.
Bienvenu Mbassa, élève en classe de 3e au lycée Faustin Marigot, âgé de 19 ans et habitant du quartier Ndjombe à 5 km de Carnot donne sa motivation : « Quand je viens à l’école aujourd’hui c’est pour devenir riche demain en travaillant pour mon pays la RCA et pour concrétiser ce rêve, il est temps de poursuivre les études dès maintenant. Je rêve aussi de partager ma connaissance à la population Centrafricaine et celle de Carnot en particulier en devenant professeur. Mais j’encourage les filles à ne pas lâcher les études », a-t-il souhaité.
Signalant que la préfecture de la Mambéré est l’une des quatre nouvelles préfectures de la République Centrafricaine selon la division administrative de 2021. Elle regorge en son sein quatre sous-préfectures à savoir Carnot, Amada-Gaza, Gadzi, Senkpa-Mbaéré. Cette préfecture est confrontée à d’énormes difficultés notamment le problème d’infrastructures routières, la cherté des produits de première nécessité, le désintéressement des filles à l’école, le problème de point d’eau dans les écoles et lycée, le problème des tables bancs, le problème des latrines, et le problème d’enseignants titulaires viennent aussi s’ajouter.
Dieu Beni Anderson Kabou, de retour de Carnot

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