Les membres du Conseil des leaders pour la paix et la sécurité nationale (CLPSN) ont saisi la justice ce Mardi 28 juillet 2026 après l’attaque meurtrière survenue à Dafock. Une plainte contre X a été déposée auprès du procureur de la République afin de demander l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs, co-auteurs et éventuels complices des faits.

Prenant la parole à l’issue de la démarche, l’ancien ministre Aristide Briand Reboas, s’exprimant au nom du collectif, a expliqué que cette initiative marque une nouvelle étape dans la réponse des forces vives de la nation face aux violences qui affectent la République centrafricaine.

« Nous avons décidé d’avoir un temps politique pour nous prononcer sur la question et un temps judiciaire pour que les auteurs, les co-auteurs et les complices soient poursuivis et punis, pour qu’enfin les victimes puissent avoir la justice. Nous recevons beaucoup d’appels, des contributions des associations, des citoyens et de la localité qui ont vu des choses, qui ont écouté des choses », a-t-il déclaré.

Selon Aristide Briand Reboas, le dépôt de cette plainte ne constitue que le début d’un processus. Le CLPSN entend recueillir d’autres témoignages et éléments susceptibles d’éclairer la justice sur les circonstances de l’attaque.

Une plainte contre X

L’ancien ministre a insisté sur le fait que la plainte est, à ce stade, déposée contre X. Il a appelé à laisser à la justice le soin d’établir les responsabilités, tout en rappelant les principes fondamentaux de la procédure judiciaire, notamment le droit à la défense, le principe du contradictoire et la présomption d’innocence.

« Pour le moment, c’est contre X. C’est au procureur de la République, c’est à la justice de nous montrer le visage », a-t-il affirmé.

Pour le CLPSN, cette démarche vise également à éviter que les violences répétées ne restent sans réponse judiciaire. Aristide Briand Reboas estime que l’absence de poursuites peut alimenter un sentiment d’impunité et, à terme, favoriser la vengeance ou la justice populaire.

Le responsable du CLPSN affirme que cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large portée par les forces vives de la nation. Il évoque notamment un livre blanc qui aurait déjà été remis au président de la République et une vision à long terme allant jusqu’à 2035.

Aristide Briand Reboas a également évoqué la dimension internationale de la crise centrafricaine et l’intérêt porté, selon lui, par la justice internationale à certains dossiers liés aux violences dans le pays.

Ancien responsable de la sécurité, Aristide Briand Reboas a par ailleurs évoqué un lourd bilan humain parmi les forces de défense et de sécurité. Il a estimé à plus de 500 le nombre de militaires tués dans les violences au cours des dernières années, tout en soulignant les conséquences sociales de ces pertes sur les familles.

Le dépôt de cette plainte ouvre ainsi une nouvelle séquence, selon le CLPSN : celle de la justice, avec l’espoir que les victimes puissent obtenir réparation et que les responsabilités soient établies dans le respect des règles de droit.

Charlemagne Nzembe