La coopération sinocentrafricaine s’apprête à franchir une nouvelle étape décisive dans le domaine de l’artisanat. Le ministre des PME, Hyppolite Ngaté Robard, a obtenu l’accord de principe de la Chine pour renforcer ce secteur considéré comme un levier essentiel de création d’emplois et de valorisation des savoirfaire locaux.

Lors d’une audience accordée à l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République populaire de Chine en République centrafricaine, M. Li Linfeng, le ministre Ngaté a présenté une série de propositions ambitieuses.

Avec le diplomate chinois, il a procédé à la signature d’un accord bilatéral destiné à favoriser le transfert de savoir‑faire, le développement des compétences et la mise en œuvre de projets structurants au bénéfice des artisans centrafricains.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’accompagner les artisans dans des filières à fort potentiel, telles que la maroquinerie et la taxidermie. Ces domaines, encore peu exploités, pourraient devenir des moteurs de croissance et de diversification économique. Dans cette optique, Hyppolite Ngaté Robard a sollicité l’organisation d’une mission d’échange d’expériences en Chine, afin de permettre aux élèves et aux cadres centrafricains de bénéficier de formations spécialisées.

Parmi les doléances présentées figure également la construction et l’équipement d’un Laboratoire national de taxidermie. Cette infrastructure stratégique devrait renforcer les capacités techniques du pays et offrir aux artisans un cadre moderne pour perfectionner leurs pratiques. Le ministre a en outre plaidé pour une dotation en équipements informatiques au profit des services techniques de son département, afin d’améliorer leur performance administrative et leur efficacité dans le suivi des projets.

Pékin répond favorablement

À l’issue de la rencontre, l’ambassadeur Li Linfeng a marqué son accord de principe sur l’ensemble des propositions. Il a assuré que ces demandes seraient transmises aux autorités chinoises compétentes pour examen dans le cadre de la coopération bilatérale. Cette ouverture témoigne de la volonté de Pékin de consolider ses partenariats stratégiques avec Bangui, en misant sur un secteur artisanal porteur d’avenir.

Cette audience illustre la détermination du gouvernement centrafricain à moderniser l’artisanat et à en faire un pilier de l’économie nationale. Dans un pays où le chômage des jeunes reste une préoccupation majeure, l’artisanat apparaît comme une voie crédible pour créer des emplois durables, valoriser les savoir‑faire locaux et stimuler l’innovation.

La coopération sino‑centrafricaine, déjà active dans les domaines des infrastructures et de l’agriculture, pourrait ainsi s’élargir à un secteur souvent relégué au second plan mais riche en potentiel. Si les engagements pris se concrétisent, les artisans centrafricains disposeront bientôt de nouveaux outils pour transformer leur savoir‑faire en opportunités économiques tangibles.     

  Dieu Béni Anderson Kabou