Le samedi 13 juin 2026, au siège du Programme élargi de vaccination (PEV), le ministère de la Santé publique et de la Population a animé une nouvelle émission radiophonique interactive consacrée à la maladie à virus Ebola. Cette émission avait pour objectif de permettre à la population d’échanger directement avec les professionnels de santé afin de mieux comprendre les risques liés à cette maladie.
Animée par quatre spécialistes de la santé, notamment le ministre de la Santé publique, Pierre Somse, le Pr Emmanuel Nakouné, directeur général de l’Institut Pasteur de Bangui, le Dr Raphaël Mbailao, directeur général de l’Épidémiologie et de la Lutte contre les maladies, ainsi que le Dr Kalthan Ernest, directeur de la Surveillance épidémiologique, l’émission a enregistré une forte participation des auditeurs.
Les questions posées par les auditeurs tournent autour des : des symptômes de cette maladie, les mesures de prévention ainsi que les conduites à tenir en cas de suspicion d’un cas sur le territoire national.
Le Pr Emmanuel Nakouné a expliqué les modes de transmission du virus Ebola : « La transmission de ce virus se fait par contact. Cela signifie que lorsqu’une personne est en contact avec un malade ou avec ses liquides biologiques, elle peut être contaminée. Le virus peut se retrouver sur les objets utilisés par une personne infectée, notamment les vêtements, les surfaces ou tout autre matériel qu’elle a touché. Toute personne entrant en contact avec ces objets contaminés risque à son tour d’être infectée. C’est pourquoi il est essentiel de respecter les mesures de prévention et d’éviter tout contact avec les personnes suspectées d’être porteuses de la maladie », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le Dr Raphaël Mbailao a présenté les mesures mises en place par les autorités sanitaires pour prévenir une éventuelle introduction du virus dans le pays : « Nous avons d’abord mis en place des organes de coordination qui nous permettent de mobiliser les ressources nécessaires. Un plan de préparation a été élaboré. Dans le domaine de la surveillance, nous avons prévu de former environ 1 000 personnes dans les zones les plus exposées. À ce jour, 250 personnes ont déjà été formées grâce à la mobilisation des ressources et au partenariat avec la Banque mondiale à travers le projet SENI-Plus. Nous avons également acquis des équipements de protection individuelle destinés aux agents de santé qui seront déployés sur le terrain », a-t-il indiqué.
Selon lui, dans le cadre des préparatifs, des stocks des équipements de protection ont été mobilisés avec l’aide des partenaires. Ces matériels sont en train d’être déployés dans les hôpitaux de Bangui et au niveau des points d’entrée. Une formation des agents de santé communautaires est également prévue. Après cela, ces agents vont être déployés à Obo et Moungoumba.
De son côté, le Dr Kalthan Ernest a fait le point sur les dispositifs de surveillance déjà opérationnels : « Nous sommes actuellement dans la phase de préparation, qui repose sur deux axes principaux : le renforcement de la surveillance et la communication. Nous avons sensibilisé nos 1 017 points focaux à travers le pays et renforcé les dispositifs au niveau des postes d’entrée. Concernant les voies fluviales, nous disposons de 40 points d’entrée officiels. Sur le plan de la communication, plusieurs rencontres ont déjà été organisées avec les parties prenantes. La semaine prochaine, une réunion spéciale réunira les acteurs présents aux points d’entrée, notamment les douaniers, les gendarmes, les policiers et les responsables sanitaires », a-t-il expliqué.
Prenant la parole à son tour, le ministre de la Santé publique, Pierre Somsé, a assuré que le pays a considérablement avancé dans ses préparatifs : « Nous sommes très avancés dans la préparation et la mise en place des dispositifs de surveillance, de mobilisation et de prise en charge. Notre priorité reste le renforcement de la surveillance aux frontières avec la République démocratique du Congo. Des postes de contrôle sont progressivement installés afin de suivre les mouvements des voyageurs et de détecter rapidement tout cas suspect, notamment par la prise de température et d’autres mesures de contrôle sanitaire », a-t-il affirmé.
Cette émission radiophonique interactive s’inscrit dans les efforts du gouvernement visant à informer, sensibiliser et préparer efficacement la population centrafricaine face aux risques sanitaires liés à une éventuelle importation de la maladie à virus Ebola. Freddy Ulrich Tanga

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