Deux jours seulement après avoir présenté sa démission, le 13 mai au président Faustin-Archange Touadéra, Félix Moloua a été reconduit, le 15 mai, à son poste de Premier ministre par décret présidentiel, sans grande surprise. Une fonction qu’il occupe depuis le 7 février 2022.
Depuis cette reconduction, plusieurs voix s’interrogent : s’agit-il d’un choix de continuité politique ou d’une décision prise par défaut, faute d’alternative crédible ?
Dans les rangs des proches du pouvoir, beaucoup estiment qu’il s’agit d’une volonté de continuité. Pour les soutiens de Félix Moloua, ce dernier est avant tout « l’homme de confiance du Président ». D’autres le présentent comme un responsable politique sans ambition présidentielle, entièrement engagé dans l’accompagnement de la vision du chef de l’État.
Pour ses partisans, cette fidélité expliquerait la confiance renouvelée du président Touadéra. Certains vont jusqu’à le qualifier de « l’homme capable d’accompagner le pays dans la 7e République ».
Le même discours est relayé par certaines organisations de la société civile, qui soutiennent la politique du pouvoir. C’est le cas de l’Association Prise de Conscience et Révolution, qui considère cette reconduction comme « une continuité du travail ».
« Oui, je pense que c’est une continuité, tout simplement parce qu’il s’agit du même président et du même gouvernement. Ils avaient des programmes et des projets en cours. Selon le leadership du président Touadéra, il estime que c’est avec l’ancien Premier ministre qu’il peut poursuivre et réaliser ces projets. Le Président pense également qu’avec lui, la paix a progressé durant ces deux mandats. Il préfère donc reconduire la même personne afin d’assurer la réalisation de ces projets », a confié Innocent Touzoubé Kassaï, président fondateur de cette organisation.
Cependant, d’autres y voient plutôt une décision stratégique dictée par prudence. Pour certains cadres politiques, cette reconduction traduirait « une peur de nommer quelqu’un qui ne maîtrise pas les dossiers sensibles du moment ».
Ainsi, cette décision pourrait être interprétée comme une reconduction à la fois contrainte et stratégique.
Selon une source proche du gouvernement, plusieurs personnalités auraient été approchées pour occuper la Primature. Mais certaines auraient décliné l’offre, préférant conserver leurs fonctions actuelles plutôt que de prendre la tête du gouvernement. Une situation qui alimente davantage la thèse d’un « défaut de choix ».
Conformément à l’article 87 de la Constitution, Félix Moloua dispose désormais de 45 jours pour présenter son programme politique devant l’Assemblée nationale afin d’obtenir un vote de confiance.
Félix Moloua devient ainsi le premier Premier ministre de la 7e République.
Déus Gracias Tchémanguéré

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