La scène politique centrafricaine continue de vibrer au rythme des déclarations enflammées. Cette fois, c’est Blaise Didacien Kossimatchi, Coordonnateur Général de la Plateforme de la Galaxie Panafricaine, enseignant-chercheur à l’Université de Bangui et activiste reconnu, qui a convoqué la presse pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manœuvres de désinformation » orchestrées par l’opposant Anicet Georges Dologuélé.

Dans une allocution dense et passionnée, Kossimatchi a affirmé vouloir « rétablir la vérité sur les véracités de l’actualité ». Selon lui, les propos diffusés le 7 mai par Radio France Internationale, relayant les accusations de Dologuélé à l’égard des autorités centrafricaines, ne sont rien d’autre qu’une tentative de manipulation de l’opinion publique. « Le peuple n’a plus besoin d’être emballé dans les mensonges artificiels », a-t-il martelé devant les journalistes.

Le cœur de la polémique repose sur l’interpellation de Dologuélé à l’aéroport Bangui M’Poko, avant son départ pour Addis-Abeba. L’ancien Premier ministre a dénoncé une atteinte à ses droits, mais Kossimatchi défend une procédure normale visant à garantir la sécurité de tous les citoyens. « Plusieurs Centrafricains, de tous bords, ont été interpellés dans le même cadre. Ce n’est pas une affaire de persécution, mais de vigilance », a-t-il insisté.

L’orateur n’a pas hésité à rappeler les épisodes douloureux de l’histoire politique du pays, où des sorties non autorisées de figures de l’opposition ont, selon lui, contribué à l’instabilité, aux coups d’État et à la paupérisation du peuple. Pour Kossimatchi, la réélection du président Faustin Archange Touadéra par un « score écrasant » traduit la volonté populaire de tourner la page des « vieilles politiques de sournoiserie et de trahison ».

Dans un ton parfois accusateur, il a qualifié Dologuélé de « Monsieur 10% », rappelant les controverses liées à son passage à la BEAC et ses supposés détournements. « Ses propos sont surréalistes et dignes d’une fiction », a-t-il lancé, estimant que l’opposant cherche à se victimiser et à troubler la quiétude nationale.

Au-delà des attaques personnelles, Kossimatchi a plaidé pour une « politique de concertation constructive » et exhorté les médias à ne pas se laisser instrumentaliser. « Le cri des loups n’empêche pas le soleil de se lever », a-t-il conclu, citant un proverbe latin pour illustrer la détermination du peuple centrafricain à soutenir son président.

Cette déclaration, faite à Bangui le 8 mai, s’inscrit dans un climat politique tendu où les accusations de manipulation et de désinformation se multiplient. Elle reflète aussi la volonté de la Galaxie Panafricaine de se positionner comme « la voix des sans voix », face à une opposition jugée déstabilisatrice.

Dieu Béni Anderson Kabou