À l’approche de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes prévue le 8 mars de chaque année, l’ambiance est déjà animée dans les rues de Bangui. Les étals, les marchés, commencent à se remplir de pagnes colorés spécialement conçus pour l’événement, portant l’effigie 8 mars, tandis que dans les quartiers, les taxis-motos et les ministères tournent autour de la signification réelle de cette journée.
Pour de nombreux Centrafricains, cette date symbolique suscite à la fois enthousiasme, questionnements et parfois même des critiques. Au marché central de Bangui, Martine, vendeuse de légumes depuis une dizaine d’années, attend voir une célébration éblouissante qu’elle n’aurait jamais connu toute sa vie : « Pour elle, Les femmes travaillent beaucoup dans ce pays. Nous nous levons tôt pour vendre, nourrir nos enfants et soutenir nos familles. Cette journée nous permet de montrer que nous comptons aussi dans la société », confie-t-elle avec un sourire au coin de lèvre.
Mais tous les avis ne sont pas aussi les mêmes. Certains habitants estiment que la célébration perd peu à peu son sens propre. Jean-Claude, enseignant dans un lycée des martyrs, rencontre au croisement, regrette que l’événement soit réduit à une simple fête. « On voit surtout les défilés, les pagnes et les réjouissances. Pourtant, la journée devrait servir à discuter aussi convenablement sur des problèmes que rencontrent les femmes: par exemple, l’accès à l’éducation, l’emploi ou encore la participation à la vie politique », explique-t-il.
Dans les quartiers populaires comme Boy-Rabe ou PK5, plusieurs jeunes femmes interrogées expriment aussi leur désir de voir cette journée aller au-delà des festivités. Aline, étudiante à l’université, estime que la célébration devrait être un moment de sensibilisation. « Nous voulons des conférences, des débats et des actions concrètes pour encourager l’autonomisation des femmes. Beaucoup de jeunes filles abandonnent encore l’école trop tôt », souligne-t-elle.
Du côté des autorités et des organisations de la société civile, des préparatifs sont en cours pour marquer cette journée à travers diverses activités : défilés, panels de discussion et campagnes de sensibilisation. L’objectif affiché est de rappeler l’importance de la promotion des droits des femmes et de l’égalité des chances dans le pays.
Malgré les divergences d’opinions, une chose semble rassembler la majorité des habitants de Bangui, celle de la reconnaissance du rôle essentiel que jouent les femmes dans la société centrafricaine. Mères, commerçantes, enseignantes, agricultrices ou encore fonctionnaires, ménagères, elles participent activement chaque jour au développement du pays.
BVIII Pappus Héritier

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