Ce lundi matin, 16 février 2026, certains Agents Recenseurs et Chefs d’équipe engagés dans l’opération de Recensement ont exprimé, par une manifestation, leurs préoccupations relatives au paiement de jours supplémentaires de travail.
Ces revendications se fondent notamment sur une requête déposée le vendredi précédent et qui n’a pas encore suivi le circuit normal d’examen et de traitement.
Dans un souci d’apaisement, de transparence et de respect mutuel, la Direction Générale de l’ICASEES souhaite apporter les clarifications suivantes :
1. Le principe fondamental : le salaire est la contrepartie d’un travail effectif
La rémunération servie aux Agents Recenseurs et Chefs d’équipe repose sur un principe clair et reconnu : le salaire constitue la contrepartie d’un travail effectivement réalisé, selon des tâches, des volumes et des durées préalablement définis.
Dans le cadre du Recensement : Une charge normale de travail a été clairement établie pour chaque agent, les montants de base et les indemnités à percevoir ont été définis pour cette charge standard, les modalités de toute rémunération complémentaire ont été encadrées à l’avance, en concertation avec le principal Partenaire Technique et financier qu’est la Banque mondiale.
Il est donc essentiel de rappeler que toute demande de rémunération supplémentaire doit être appréciée à la lumière de ces paramètres, et non sur la seule base d’initiatives individuelles ou de perceptions subjectives du temps passé.
Le Directeur Général gère les ressources sur la base des procédures convenues avec le Bailleur.
2. Des frais complémentaires prévus pour les agents ayant dépassé significativement la charge normale
Consciente des exigences du terrain et des écarts possibles dans la répartition effective des ménages, l’Institut a déjà prévu une rémunération complémentaire pour les agents qui ont effectué un travail sensiblement supérieur à la norme.
Concrètement : Un plafond de 300 ménages à couvrir a été retenu comme charge normale de travail pour un Agent Recenseur, les agents ayant enquêté au-delà de ce seuil de 300 ménages énumérés et dénombrés, bénéficieront de frais complémentaires, en reconnaissance de l’effort supplémentaire consenti, après Avis de Non Objection (ANO) de la Banque mondiale, le paiement de ces frais complémentaires est conditionné par l’Avis de Non Objection de la Banque mondiale, partenaire financier de l’opération.
Cette mesure témoigne de la volonté de l’Institut de récompenser objectivement l’effort réel et mesurable, sur la base des résultats constatés (nombre de ménages effectivement enquêtés), tout en respectant les règles de bonne gestion financière et les engagements pris avec le bailleur.
3. Une procédure de traitement des requêtes qui doit être respectée
La requête déposée par certains agents le vendredi précédent s’inscrit dans un cadre légitime de dialogue et de revendication. Toutefois :
Toute requête doit suivre un circuit formel : enregistrement, analyse par les services compétents, avis technique et administratif, ANO de la Banque mondiale puis décision ;
Il est matériellement impossible de traiter, analyser et conclure sur une requête complexe en un délai aussi court et pendant le weekend, surtout sur des questions financières encadrées par des accords avec un partenaire international ;
Une réponse précipitée, sans analyse complète, exposerait l’Institut à des risques de non-conformité et de remise en cause des financements.
L’Institut réaffirme donc son engagement à examiner la requête avec sérieux, dans des délais raisonnables, et à communiquer officiellement les décisions prises à l’issue de ce processus.
4. Une deuxième phase prévue : appel aux meilleurs agents pour les opérations de rattrapage
Au-delà de la rémunération des travaux déjà accomplis, il est important de rappeler que l’opération de Recensement ne s’arrête pas à la première phase de dénombrement.
En effet, l’Institut a prévu de : Identifier les meilleurs agents (en termes de performance, de qualité des données, de respect des délais et des procédures), faire appel à ces agents pour une opération de rattrapage/ratissage, visant : les zones mal couvertes lors du premier passage, les nouveaux sites habités, les éventuelles poches de sous-dénombrement identifiées lors du contrôle de qualité.
Ces opérations de rattrapage/ratissage seront rémunérées selon des modalités précises, et constitueront une opportunité supplémentaire de revenus pour les agents les plus performants et les plus engagés.
Ainsi, loin d’être une fin de parcours, la phase actuelle ouvre des perspectives nouvelles pour les agents qui se distinguent par leur sérieux et leur professionnalisme.
5. Un appel au calme, au professionnalisme et au dialogue
L’Institut comprend les attentes des Agents Recenseurs et Chefs d’équipe, ainsi que les difficultés rencontrées sur le terrain. Néanmoins : les revendications doivent s’inscrire dans le respect des procédures et des engagements contractuels, la manifestation ne doit pas remettre en cause ni la crédibilité de l’opération, ni la confiance du partenaire financier.
Le dialogue reste ouvert : les représentants des agents seront reçus dans les formes appropriées, afin d’examiner leurs préoccupations et d’apporter des réponses argumentées.
L’Institut tient à réaffirmer : Sa reconnaissance pour le travail accompli par l’ensemble des agents mobilisés, son engagement à payer intégralement la rémunération due pour la charge normale de travail, sa volonté de verser les frais complémentaires prévus pour ceux qui ont dépassé les 300 ménages énumérés et dénombrés dès obtention de l’Autorisation de Non Objection de la Banque mondiale, sa détermination à impliquer les meilleurs agents dans les prochaines opérations de rattrapage, avec une rémunération en conséquence.
Enfin, le Recensement est une opération nationale majeure, qui engage l’image du pays, la qualité des statistiques officielles et la confiance des Partenaires. Son succès repose sur la rigueur, la transparence et le sens des responsabilités de chacun.
L’Institut invite donc l’ensemble des Agents Recenseurs et Chefs d’équipe à maintenir un climat de calme et de professionnalisme, faire confiance aux mécanismes institutionnels de traitement des requêtes, continuer à collaborer pour la bonne fin de cette opération stratégique, dans l’intérêt général.
Que Dieu bénisse la République Centrafricaine.
Singuila.
Le Statisticien Général Senior, En mission à l’extérieur du Pays

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