Natacha Boudjo, témoin cité par la défense, a comparu ce jeudi 12 février devant la Cour pénale spéciale, dans le cadre du procès de Guen.

Âgée de 43 ans, née à Guen et de nationalité centrafricaine, cette femme de l’ethnie Gbaya Bogoto, de confession catholique, a répondu aux questions des parties concernant certains accusés, en particulier Dieudonné Gomitoua. Selon elle, ce dernier, ancien maire et député, était une autorité véritablement respectée entre 2013 et 2014, période durant laquelle le massacre de Guen a eu lieu.

S’agissant des accusations selon lesquelles le prévenu Dieudonné Gomitoua aurait abrité une base des Anti-Balaka à son domicile et aurait pu user de son autorité pour leur parler ou leur donner des ordres, le témoin a rejeté ces allégations. Elle a affirmé que, durant cette période, les Anti-Balaka n’écoutaient personne et que leur base se trouvait plutôt au poste de l’ancien commissariat, a-t-elle précisé. Ce que l’avocat de Gomitoua a fait noter, soulignant qu’aucune base n’avait été installée chez lui.

Pendant les événements de 2012-2013, elle était commerçante et cultivatrice. Elle a affirmé avoir vu Mathurin Kombo, François Boybanda alias Baléré et Philémon Kahéna durant ces événements, tandis que Dieudonné Gomitoua se trouvait, selon elle, au centre de Guen.

Elle affirme que ces groupes ont commis des meurtres. Elle-même dit avoir été témoin d’un forfait et avoir porté secours à une victime. Ils pillaient même les chrétiens. Entre 2013 et 2014, la situation sécuritaire n’était pas calme : la ville vivait dans l’insécurité en raison des menaces de la Séléka.

Mais à l’arrivée des Anti-Balaka, la situation s’est encore détériorée. Elle s’est également souvenue de l’assassinat de Bandjoukou, qu’elle attribue à Jean Bahara.

Elle a affirmé avoir vu Béina et Bahara commettre des exactions. Elle a par ailleurs déclaré que Jean Bahara avait tué le conseiller de la mairie, Bandjoukou. Même si elle n’a pas assisté directement au meurtre, elle affirme avoir entendu parler des faits. À son retour, elle dit avoir entendu Jean Bahara chanter qu’il avait tué ce dernier.

La défense a toutefois estimé que les propos du témoin n’engageaient qu’elle.

De son côté, le parquet a relevé que le témoin n’avait pas vu directement certains faits évoqués et que plusieurs éléments lui avaient été rapportés. Il a donc estimé que, dans ces conditions, elle n’aurait pas dû être appelée à comparaître.

Le procès se poursuit lundi prochain avec d’autres témoins. En attendant, les témoignages de cette dernière pourraient constituer un ouf de soulagement pour la défense de Dieudonné Gomitoua.

Déus Gracias Tchémanguéré