La République centrafricaine (RCA) a franchi une nouvelle étape dans sa quête de solutions durables pour les personnes déplacées internes et les réfugiés, avec le lancement officiel du Programme Mastercard Foundation HCR (2026-2030). Cet ambitieux projet vise à renforcer les moyens de subsistance, l’accès à l’éducation et la capacité des organisations dirigées par des réfugiés, des femmes et des jeunes, dans un pays marqué par des décennies de crises mais résolument engagé sur la voie du renouveau national.
Depuis avril 2025, plus de 64 700 personnes déplacées internes ont pu regagner leurs zones d’origine, signe des progrès réalisés par les autorités centrafricaines et leurs partenaires dans la mise en œuvre de solutions durables. Parallèlement, la RCA s’est engagée dans un processus de rapatriement volontaire de ses ressortissants réfugiés à l’étranger, à travers la Plateforme d’appui aux solutions pour la RCA (CAR-SSP) et une feuille de route gouvernementale ambitieuse.
Mais le pays reste confronté à une pression humanitaire croissante. Depuis le déclenchement de la crise au Soudan, la RCA a accueilli près de 50 000 réfugiés soudanais, principalement dans des zones frontalières aux capacités d’accueil limitées. À cela s’ajoutent des réfugiés de longue date originaires du Soudan du Sud, du Tchad et d’autres crises régionales, dont beaucoup vivent dans une extrême vulnérabilité. Cette situation met en évidence la nécessité de renforcer les systèmes nationaux d’éducation, de moyens d’existence et de services sociaux, afin de répondre simultanément aux besoins des populations locales, des déplacés internes et des réfugiés.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le Programme Mastercard Foundation HCR, prévu de janvier 2026 à juin 2030. Le projet ambitionne d’autonomiser les jeunes affectés par le déplacement forcé en améliorant leur accès à l’éducation, en renforçant leurs compétences professionnelles et entrepreneuriales, et en soutenant leur participation active au renouvellement du capital humain en RCA.
Le programme repose sur quatre axes complémentaires : Éducation secondaire, Enseignement supérieur et formation technique, Moyens d’existence et inclusion économique et renforcement des organisations communautaires : soutenir les capacités de leadership et de gouvernance des organisations dirigées par des réfugiés, des femmes et des jeunes.
Lors de l’atelier de lancement, William Chemaly, représentant du HCR en RCA, a insisté sur la portée novatrice du programme : « Aujourd’hui, c’est un moment excitant pour nous. On lance ce projet, ce n’est pas un programme normal, c’est vraiment intéressant. Comme vous le savez, quand les réfugiés, quand ils sont déplacés, ils perdent quelque chose, mais ils gagnent quelque chose. Être déplacé devient une partie de leur personnalité, de leur vie, mais ce n’est pas toute leur personnalité, ce n’est pas toute leur vie. Et ce projet avec la Fondation Mastercard, c’est exactement d’aider les personnes qui ont été forcées à être déplacées, à trouver une place dans la vie. »
Il a souligné que deux piliers sont essentiels pour cette intégration : l’éducation et le travail. « Alors avec Mastercard et la collaboration avec le gouvernement et les départements des autorités ici, on va aider plus de 25 000 réfugiés, rapatriés, personnes déplacées et communautés hôtes à trouver une façon d’avoir un travail. On va aider 40 organisations à s’auto-organiser pour générer des résultats et du revenu. Et on va aider 10 000 étudiants dans les écoles secondaires et 350 au niveau plus avancé en termes d’éducation. Alors ce n’est pas un projet classique, ce n’est pas juste de l’humanité. C’est vraiment quelque chose qui va dans le futur, qui est ravissant et qui rouvre une page pour ces gens pour trouver une place dans la vie. »
Ali Mohamed Adam, réfugié soudanais installé à Bangui, a partagé son expérience : « Je m’appelle Ali Mohamed Adam, je suis réfugié soudanais. Je suis dans le printassage de la langue française à Bangui pendant une année. D’abord, j’étais au Bravo, là-bas. J’ai trouvé cette bourse. Il y a beaucoup d’apprentissage. Il y a beaucoup de bénéfices aussi. Elle m’a aidé beaucoup à apprendre la langue française et à continuer nos études à l’Université de Bangui. »
Ali a insisté sur l’importance de la continuité du projet pour les jeunes réfugiés confrontés à des défis linguistiques et éducatifs : « C’est un unique projet. J’espère que la même chose va continuer à la prochaine. Parce qu’il y a des gens là-bas qui ont besoin. Ils ont besoin de continuer leurs études. Et il y a des défis aussi, des différentes langues. Nous avons parlé l’arabe. Nous avons étudié là-bas, au Soudan. L’arabe est un peu d’anglais, mais ici, c’est complètement différent. Ce projet est très unique et ça va nous aider beaucoup à continuer nos études à l’Université de Bangui, dans différentes facultés. »
Le projet MCF-HCR s’inscrit dans le prolongement des engagements pris lors de la Table ronde de Casablanca sur le PND 2024-2028, où le gouvernement centrafricain et ses partenaires ont réaffirmé leur volonté d’accélérer la paix, la stabilité et une croissance inclusive. Au cœur de cette vision se trouve le développement du capital humain, considéré comme la clé de la transformation sociale et économique du pays.
Avec ce programme, la RCA entend démontrer que l’éducation et l’inclusion économique des réfugiés et des déplacés ne sont pas seulement des réponses humanitaires, mais des investissements stratégiques pour l’avenir du pays.
Dieu Beni Anderson Kabou

Commentaires récents