Le Conseil consultatif national de la jeunesse (CCNJ) a dénoncé la libération des présumés assassins de Placide Fourou. Cette position a été exprimée lors d’un point de presse tenu le mercredi 14 janvier 2026 à Bangui. L’organisation pointe du doigt le doyen des juges, qui aurait ordonné cette libération. Pour apaiser la douleur des parents de la victime ainsi que l’opinion nationale, les membres du CCNJ réclament que justice soit faite.

Au cours de cet échange, l’organisation a jugé cette décision inadmissible et infondée. Elle a tenu à préciser qu’il ne s’agit nullement d’une attaque contre la justice, mais plutôt d’un appel à celle-ci afin qu’elle joue pleinement son rôle, dans la transparence et l’impartialité, pour apaiser la famille du défunt ainsi que l’opinion nationale. Selon elle, la justice est censée garantir la sécurité de la population. Elle s’interroge cependant sur la capacité de cette même justice à protéger aujourd’hui les populations vulnérables.

Gutenberg Socrate Taramboye, vice-président du Conseil consultatif national de la jeunesse centrafricaine, a déclaré : « L’Afrique ne se relèvera jamais sans la justice, sans la vérité et sans le respect de la vie humaine. Un homme est mort, une famille est brisée, et la nation est en droit de savoir ce qui s’est réellement passé et où en est la justice. Selon les informations rendues publiques, une enquête a été ouverte, une autopsie a été réalisée et plusieurs personnes ont été interpellées comme présumées impliquées. Pourtant, ces personnes ont été libérées sans qu’une explication claire, publique et convaincante ne soit donnée à la famille de la victime ni à l’opinion nationale », a-t-il souligné.

Il estime que cette décision a profondément bouleversé la famille de la victime, qui se sent aujourd’hui abandonnée par la justice.

De son côté, Ben Atchoum Bama, coordonnateur national des étudiants centrafricains, a indiqué que si aucune suite favorable n’est donnée à leurs revendications, ils entendent saisir les autorités centrafricaines. « Jusqu’à présent, la justice n’a pas communiqué les raisons de cette décision. Nous demandons qu’elle nous les explique afin que nous puissions comprendre ce qui s’est réellement passé et pourquoi ces personnes ont été libérées. Dans les jours à venir, nous allons adresser une correspondance au ministre d’État chargé de la Justice, en tant que chef du département. Si aucune solution n’est trouvée, nous saisirons le premier magistrat suprême de la République centrafricaine, le Président de la République », a-t-il martelé.

Placide Fourou était un étudiant centrafricain poursuivant ses études au Ghana. Il s’était rendu à Bangui pendant les vacances pour rendre visite à ses parents. Il a perdu la vie le 30 août 2025 à la suite d’une bagarre survenue avec la belle-famille (Takpando) de son frère.    Caleb Zimango Bango