Face à l’augmentation alarmante des violences en milieu scolaire à Bangui et dans les provinces, le Centre d’Études Juridiques Africaines (CEJA), en partenariat avec l’Inspection Académique et l’Union Scolaire Centrafricaine (USCA), a organisé le samedi 7 juin 2025 un atelier de réflexion et de sensibilisation. Cet événement a réuni des élèves, des responsables pédagogiques et des parents d’élèves pour aborder les questions liées aux dangers des violences interpersonnelles et chercher des solutions durables.
Les établissements scolaires centrafricains sont confrontés à des violences répétées. Cette réalité préoccupante a poussé le CEJA à prendre les devants tout en organisant cet atelier, dans le but de sensibiliser et de conseiller les participants sur les moyens de réduire ces incidents.
L’engagement du CEJA dans la lutte contre la violence n’est pas nouveau. Depuis 2022, le Centre a organisé un concours des droits humains, dont la toute première édition était déjà axée sur la violence chez les jeunes. Au fil des événements, la récurrence des affrontements entre jeunes est devenue flagrante. Le déclic le plus récent a eu lieu en février dernier, avec les incidents de Beloko, qui ont coïncidé avec le concours des droits humains. C’est à la suite de ces événements que le président de l’USCA a contacté le CEJA pour une collaboration sur cette question cruciale.
Dans son mot, le Directeur Exécutif de CEJA Patrick Lessene souligne qu’ils ont accepté de répondre à ce besoin qui concerne les futurs leaders, qui sont les jeunes.
Patrick Lessene a détaillé les violences observées : « Il y a eu des bagarres, il y a eu aussi malheureusement des agressions sexuelles, il y a eu aussi un tournage de films pornographiques, comme vous le savez, il y a eu aussi l’exposition de corps de jeunes filles, également, qui a défrayé la chronique. Et donc tout ça, ce sont des événements, et puis il y a eu aussi les violences verbales qu’on entend, les enfants qui se crient dessus ».
Il a également mis en lumière l’impact des crises successives traversées par le pays sur le comportement des jeunes : « Depuis des années, nous sortons de crise, petit à petit de crise, et cela a des impacts sur les jeunes », a-t-il expliqué.
Cette multitude de violences multiformes a poussé le CEJA à initier ce dialogue avec les jeunes.
« Les jeunes sont dynamiques, ils ont un certain dynamisme, et ce dynamisme-là devait être canalisé quelque part, parce que c’est normal, c’est l’âge dans lequel on a la force, on veut faire. Et donc comment les amener à réfléchir autrement que par la violence physique ou verbale », a conclu Patrick Lessene en insistant sur la nécessité d’orienter positivement l’énergie des jeunes vers des voies constructives.
L’atelier marque une étape importante dans la lutte contre la violence scolaire en République Centrafricaine, en encourageant la réflexion collective et en fournissant des outils pour un environnement éducatif plus sûr et plus serein.
Dorcas Bangui Yabanga

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