Le ministre des Finances et du budget Hervé Ndoba a procédé ce mercredi 13 novembre à la signature d’une convention d’aide budgétaire globale de 10 millions d’euros soit un montant de 6,55 millions de FCFA avec l’ambassadeur de la France Bruno Foucher à Bangui. Cette aide marque le retour de la France sur la scène et le renouvellement des relations bilatérales entre Paris et Bangui, qui, dans un passé récent avait des relations timides.
Une aide budgétaire de 10 millions est allouée par l’Agence Française de Développement AFD sur le compte du ministère des Finances et des budgets pour apporter à la RCA un soutien budgétaire servant à maintenir le gap sur le plan financier afin de favoriser des conditions de développement. Selon S.E Bruno Foucher, cette aide vient consolider la coopération bilatérale entre la France et la République centrafricaine et s’inscrit dans la droite ligne de la feuille de route endossée par le Président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, et le Président français, Emmanuel Macron, le 17 avril 2024, la République française s’est engagée à soutenir les actions conduites par la République centrafricaine (RCA) dans les domaines budgétaire et financier des politiques publiques et l’appui au développement économique, en encourageant la reprise de l’Aide budgétaire globale (ABG).
« La République française s’est engagée à soutenir les actions conduites par la République centrafricaine (RCA) dans les domaines budgétaire et financier des politiques publiques et l’appui au développement économique en encourageant la reprise de l’aide budgétaire global. Signe du réengagement progressif et de la normalisation des relations bilatérales entre nos deux pays. Cette aide budgétaire globale qui est un don de la France permettra à la RCA de porter des réformes structurelles au niveau des finances publiques Centrafricaines. Cet appui budgétaire est sans conditionnalité ni aucune réserve qui financera les opérations relevant de la souveraineté et de la gouvernance démocratique de l’État centrafricain. Cette aide budgétaire est instruite et mise en œuvre par l’Agence Française de Développement AFD pour le compte de l’État français », détaillé S.E. Bruno Foucher dans son mot de circonstance.
Toutefois, cet appui budgétaire sera réparti dans différents domaines sociaux à savoir l’appui budgétaire au ministère des Finances, l’acquisition des matériels, le paiement des arriérés de salaire et une partie pour l’organisation des élections locales qui sera entièrement dirigé par le ministère des Finances et du budget du gouvernement centrafricain. « En concertation avec le ministre des finances, il a été décidé d’affecter ces fonds dans les dépenses suivantes : 5 millions d’euros c’est-à-dire 3,28 milliards de francs CFA en appui à la gouvernance économique et financière. Ce montant sera entièrement dirigé par le ministère des finances et permettra de rationaliser et de moderniser les procédures de collecte des recettes fiscales[..]. Deuxième 3 millions d’euros soit 1,97 milliards de FCFA pour la réception d’arriérés antérieures. Cela permettra de contribuer à l’apurement de certaines créances de l’État centrafricain en matière d’éducation dans le but de distribuer sans attendre les nouveaux manuels dans les établissements scolaires publics centrafricains. Enfin 2 millions d’euros ou 1 milliard de FCFA pour renforcer la contribution de la RCA à l’organisation des élections locales », a précisé le diplomate français.
Le ministre des finances et du budget Hervé Ndoba quant à lui applaudi cet engagement qui marque un tournant dans le cadre des relations diplomatiques entre la République Centrafricaine et la république Française : « Je voudrais saisir cette opportunité pour remercier la partie française pour le travail important qui a été fait dans des délais extrêmement court pour nous permettre d’arriver à cet accord et à ce résultat. Et je voudrais également remercier la partie centrafricaine pour n’avoir ménagé aucun effort de sorte à ce que nous puissions arriver à ce résultat. Cet appui budgétaire est une aide qui va permettre à la république centrafricaine d’accélérer premièrement l’ensemble des réformes économiques et financières importantes que nous avons engagées afin de nous permettre d’accélérer l’accroissement de la collecte des recettes domestiques et d’accélérer également le processus de transformation pour une grande transparence dans les dépenses publiques. Ces éléments importants sont d’ailleurs les objectifs principaux que la République centrafricaine suit dans le cadre de son programme soutenu par la facilité élargie de crédit avec le fonds monétaire international », a argué Hervé Ndoba, ministre des Finances qui a confirmé la répartition des 10 millions d’euros comme indiqué par l’ambassadeur dans son discours.
Notons par ailleurs que la Centrafrique travaille désormais dans une logyde multi-partenariat comme l’a souligné le ministre des Finances : « comme n’arrête pas de le dire le Chef de l’État Faustin Archange Touadéra, président de la République, la RCA est ouverte à tous les partenaires et donc on travaille avec ces partenaires historiques qu’avec ces nouveaux partenaires. D’ailleurs la démonstration ici est faite puisque cela a pris un temps de discussion pour pouvoir trouver de nouvelles boîtes de collaboration avec un partenaire traditionnel qui est la France et cela est aujourd’hui matérialisé par la signature de cette convention portant appui budgétaire global », a expliqué Hervé Ndoba. Autrement dit, la signature de cette convention n’exclut pas la collaboration de la Centrafrique avec la Russie.
Belvia Esperance Refeïbona

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