Le gouvernement centrafricain en commun accord avec la Minusca a organisé le lundi 13 mai 2024 une conférence nationale de haut niveau en vue d’adopter une stratégie commune pour une transhumance apaisée en RCA et ses pays voisins comme le Tchad, le Soudan, le Soudan du Sud et la Cameroun. Cette rencontre s’inscrit dans la cadre des recommandations de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR-RCA) et la feuille de route de Luanda. Des partenaires techniques et financiers ainsi que les Ambassadeurs accrédités en RCA, ont pris part à cette discussion.
Cette initiative selon le gouvernement centrafricain est d’échanger sur la compréhension collective de la transhumance et sur des efforts consentis afin de favoriser une circulation libre et apaisée des bétails dans la sous-région de la CEMAC et les deux Soudans.
Depuis plusieurs années, la transhumance apparait à la fois comme une question d’intérêt majeur et en même temps une grave préoccupation pour le gouvernement centrafricain en raison des retombées économiques et des problèmes sécuritaires qui se sont amplifiés avec la crise de 2013-2015 et qui a donné aussi naissance au phénomène du vol des bétails.
Durant plus de quatre heures du temps, les participants à cette conférence se sont penchés sur les défis et obstacles persistants ainsi que sur les pistes d’actions pour y répondre collectivement.
Dans son allocution, la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations-Unies Valentine Rugwabiza a souligné que l’appui de la Minusca à cet atelier s’inscrit dans la mise œuvre de l’APPR-RCA notamment l’une des cinq piliers des questions spécifiques prévues dans cet Accord : « la transhumance est une composante essentielle de l’APPR-RCA et la feuille de route de Luanda. Cette conférence qui a regroupé tous les acteurs nationaux et internationaux a pour but de faire des propositions sur des actions prioritaires concertées pour une transhumance apaisée et sécurisée en vue de contribuer au développement national que celui des collectivités locales traversées par les couloirs de transhumance. »
Cette rencontre a donné l’occasion de définir des orientations claires et des directives en ce qui concerne la réglementation relative à la transhumance, la prévention et la gestion des conflits dans ce domaine. La sécurisation des infrastructures y compris les couloirs des transhumances et enfin les dialogues transfrontaliers.
Il est important de souligner que, l’élevage de bovin représente environ 12% du PIB de la RCA et renforce l’économie nationale. Face à cette donnée, le Chef de l’Etat centrafricain Faustin Archange Touadéra a promis dans son discours de circonstance sa disponibilité et son engagement à œuvrer pour une transhumance apaisée et sécurisé : « Je puis vous assurer d’ores et déjà de mon entière disponibilité et surtout de mon engagement à vous apporter tout l’appui nécessaire pour que les recommandations qui ont été adoptées soient effectivement mise en œuvre. J’exhorte aussi nos partenaires à apporter leurs soutiens au gouvernement tout au long de ce processus. »
La RCA dans sa marche vers le développement, dans ses efforts de consolidation de la sécurité et de la paix fait face comme tous les autres états à des nombreux défis auxquels il faut apporter en urgence des réponses efficaces et durable et ce, de façon concertée. La plupart de ces défis sont communs, c’est le cas par exemple de la problématique de la transhumance qui en raison de son caractère transfrontalier n’intéresse pas que la République centrafricaine mais également les états voisins.
Les risques de conflits liés à la transhumance demeurent et sont accentués par le changement climatique occasionnant le dessèchement du Lac Tchad et surtout avec une présence insuffisante de la présence de l’autorité de l’état dans certaines localités de la RCA.
Il convient de rappeler que la RCA dispose d’environ 16 millions d’hectares de pâturage et un réseau hydrographique assez danse. Cela fait d’elle un véritable jardin d’éden pour les éleveurs étrangers qui sont à la recherche de pâturage de qualité pour leurs bétails.
Les crises successives qui ont affectées la RCA dans le passé, ont profondément modifié les pratiques anciennes de la transhumance. Et celles-ci constituent une énorme perte du budget de l’économie centrafricaine.
Christian Stève SINGA

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