Mise en place en 2021, l’amicale des Anciens Enfants de Troupe de Centrafrique peine à œuvrer convenablement. Pour cause, le manque des moyens financiers et l’absence d’une franche collaboration entre les membres du bureau exécutif. Mais plus de deux ans aujourd’hui, cette association veut se redynamiser. Une Assemblée générale ordinaire a été organisée ce samedi en présence de Rémy Ayayos Ikounga, président de la Panafricaine des AET. Cette rencontre a eu lieu à l’Assemblée Nationale sous le thème « l’Unité, la solidarité et la réconciliation ».

Ils sont près de cinq cent, des hauts gradés et hommes de rang tous, des Anciens Enfants de Troupe (AET) à prendre part à cette assise d’une seule journée.L’objet de cette rencontre est de sensibiliser et d’inciter les AET de Centrafrique afin de raffermir l’esprit d’unité et la réconciliation.

En prenant la parole, l’AET Joseph Ketté qui est le président du bureau exécutif de cette association créée le 18 septembre 2021 lors de l’Assemblée générale constituante avec une feuille de route, l’Amicale des AET s’était confrontée aux difficultés endogènes qu’exogènes. Il a d’abord salué la décision du Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra, qui lors de son adresse à la Nation a annoncé la réouverture de l’école des Enfants de Troupes qui a été fermé à l’an 2000 par le feu Président Ange Félix Patassé. Selon Joseph Ketté, l’annonce de la reprise des activités de cette école qui a formé des hauts cadres de ce pays témoigne la ferme volonté du président centrafricain à œuvrer pour la bonne cause de son pays.

Il a aussi insisté sur le caractère apolitique de cette association qui a pour but de rassembler les AET tout en déplorant le comportement de certains AET qui attendent voir l’évolution de cette association avant d’y militer. Une position qualifiée d’opportunisme par Joseph Ketté: « La réaction de certains membres de la fratrie, qui sont des militaires en activités et qui pour des raisons qu’on ignore sont restés en arrière pour observer d’abord le devenir de l’association avant de se positionner. Cette position est l’une des obstacles qui constituent la pierre d’achoppement de la grande Amicale des AET», a-t-il souligné.

Rémy Ayayos Ikounga, le président Panafricaine des AET qui est venu du Congo Brazzaville qui avant de saluer l’intérêt qu’accorde le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra à cette association a insisté sur les principaux objectifs de l’AET qui doivent guider cet amicale : « Le projet que nous portons ce jour est celui de la création de la Panafricaine des Anciens Enfants de Troupe qui s’inscrit dans une perspective des initiatives humanitaires, sociales et environnementales bénéfiques pour les populations africaines. »   

Présent à ces assises, le Général d’Armées Jean Pierre Dolowaya, le plus gradé des AET de Centrafrique a exhorté ses frères d’armes de ne s’ingérer dans la politique. Mais plutôt de se donner pour la protection de la patrie.

S’il faut le rappeler, la première école des enfants de troupes a vu le jour en 1923 au Sénégal, mais la création en 1969 à Bangui a fait de la RCA un pays des AET de part entière.

C’est compte tenu des mutineries de 1996, 1998 que l’ancien président centrafricain avait dissout cette école, accusant les enfants de troupe de soutenir les mutins qui ont tenté de renverser son régime. 23 ans plus tard, le gouvernement tente de rouvrir cette école dont ses anciens élèves viennent de tenir une assemblée générale de réorganisation après la création de leur association.

Christian-Stève SINGA