L’annonce de la construction de ces Tribunaux de Grande Instance a été faite par le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra ce 31 décembre 2023, lors de son adresse à la Nation. Les localités de Boali, Damara, Grimari, Baoro, Kembé, Ouango-Bangassou, Degaulle, Baboua et Sam-Ouandja seront les bénéficiaires de ce projet. Et ce, dans le but de renforcer le système judiciaire centrafricain.

Une promesse qui intervient dans un contexte où la plupart des tribunaux ont été détruits lors des crises de 2013 et 2020. Une situation qui serait à l’origine de la surpopulation des détenus dans des maisons carcérales ici à Bangui et considérée comme le non-respect du droit des détenus par les défenseurs de Droit de l’Homme.

Même-si aucun délai n’a été fixé pour la construction de ces joyaux mais cette annonce parait pour les acteurs judiciaires comme un pas vers l’impunité et l’indépendance de la justice centrafricaine.

A titre de rappel, le numéro 1 centrafricain a lors de la rentrée judiciaire, le 7 juin 2023 dernier, appelé au sens de responsabilité et de dignité des hauts Magistrats afin qu’il soit mis fin aux pressions souvent motivées par des considérations étrangères à la justice, exercées sur les plus jeunes afin de les contraindre à violer la loi.

Des voies ne cessent de réclamer les vrais responsables des multiples crimes commis sur le sol centrafricain et appliquer l’impunité prônée. Mais le premier magistrat centrafricain reste déterminer à œuvrer pour l’indépendance réelle de la justice, l’accès de tous les Centrafricains à la justice et l’amélioration des conditions de travail des acteurs judiciaires, afin de renouer la confiance entre la justice et les justiciables : « Au cours de l’année qui s’achève, nous avons fait progresser les chantiers du droit et de la Justice. Pour preuve, la lutte contre l’impunité s’est intensifiée par l’organisation de nombreuses sessions criminelles par les Cours d’Appel et la Cour Pénale Spéciale en plus des audiences correctionnelles régulièrement tenues par les Tribunaux. »

Dans ce registre, la justice militaire a poursuivi et puni les militaires et assimilés ayant commis des infractions à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions, a souligné le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra avant d’annoncer la construction de 9 tribunaux à l’intérieur du pays, notamment à Boali, Damara, Grimari, Baoro, Kembé, Ouango-Bangassou, Degaulle, Baboua et Sam-Ouandja.

Par ailleurs, dans le domaine de la lutte contre les violences basées sur le genre et commises en période de conflits armés en RCA. Un comité stratégique chargé de la lutte contre ces crimes inhumains et dégradants a été mis en place sur instruction du Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra.

S’agit-il d’un message d’espoir pour les victimes et survivants de ces violences ?

Ces victimes souhaitent voir l’aboutissement de cette promesse et du travail de la Commission Vérité, Justice, Réconciliation et Réparation (CVJRR) dont l’un de ses volets, est la justice avant tout.

Il faut aussi souligner que le Chef de l’Etat a lors de ce discours exhorté ses compatriotes de collaborer avec la cellule de Veille contre la corruption, les détournements des deniers publics, la concussion, les extorsions de fonds, les fraudes fiscales et douanières, les infractions assimilées et les mauvaises manières de servir, en vue de mettre fin à ces maux.

En ce qui me concerne, je n’ai ménagé aucune énergie, en 2023 comme les années précédentes, pour asseoir solidement les valeurs d’intégrité morale, de probité, d’équité, de transparence, du goût de l’effort et surtout la lutte contre l’impunité, la corruption et les mentalités de rente qui ont rongé, pendant des décennies, les capacités de l’Etat à répondre aux besoins élémentaires de la population, a-t-il ajouté.

Christian-Stève SINGA