C’est à travers un atelier d’information et de sensibilisation organisé ce mardi 8 novembre à Bangui que les acteurs du secteur privé des Petites et Moyennes Entreprises sont informés et sensibilisés sur les opportunités de marchés financés par la Banque Mondiale en Centrafrique pour le développement économique du pays. La cérémonie d’ouverture est placée sous le patronage du Chef de gouvernement Félix Moloua en même temps ministre d’Etat de l’économie, du plan et de la coopération internationale en présence de plusieurs autorités administratives et des partenaires.
L’objectif de cet atelier est d’informer et de sensibiliser les acteurs du secteur privé sur les opportunités d’affaires dans le cadre des projets financés par la Banque Mondiale en Centrafrique. Car dans sa mission régalienne de lutte contre la pauvreté et la promotion de la prospérité partagée, la Banque Mondiale a augmenté son portefeuille à une enveloppe de US$ 1.2 milliards, soit 600 milliard de FCFA pour la mise en œuvre de 19 projets. Une somme qui devrait servir d’opportunités d’affaires pour le secteur privé centrafricain mais malheureusement que ce n’est pas le cas.
Dans son mot de circonstance, le représentant-pays de la Banque Mondiale Guido Ruranga précise que la part du secteur privé national ne représente qu’environ 24 % des financements accordés à la RCA dans le cadre de projets de développement dans les secteurs clés des travaux publics, de l’éducation et de l’énergie, malgré les facilités qu’offrent les procédures de la Banque Mondiale en matière de passation des marchés.
Plusieurs raisons justifient ce faible financement. Il y’a entre autres le faible accès à l’information sur les opportunités de marchés, de l’absence de partenariat entre les entreprises étrangères et les entreprises locales, l’accès difficile aux crédits, garanties des banques commerciales de la place, les faibles capacités techniques des entreprises locales la détermination de critères d’évaluation et de qualification inaccessibles pour le secteur privé local dans les dossiers d’appel d’offres. Ces facteurs constitue un frein à l’accès au financement, d’où la nécessité d’informer et de sensibiliser ces acteurs du secteur privé.
Selon Guido Ruranga, il est important d’investir dans le secteur privé pour la création des richesses et la Banque Mondiale est toujours prête à appuyer ce secteur : « Le secteur privé est le principal vecteur de création de richesse et de lutte contre la pauvreté. Pour cette raison, la Banque Mondiale s’est engagée à appuyer les projets du gouvernement favorisant le développement du secteur privé à travers le projet de compétitivité I-COMPETE qui prévoit de supporter la mise en place d’un fonds de garantie afin de pallier les difficultés que rencontrent les PME pour accéder aux crédits et d’apporter une assistance technique en terme de renforcement de capacités des PME. Parallèlement à cet appui, l’équipe de passation des marchés et du secteur privé de la Banque Mondiale reste disposée à fournir aux acteurs du secteur privé les informations nécessaires leur permettant d’accéder facilement aux marchés des projets financés par la Banque Mondiale », promet –t-il.
Quant au Premier ministre Félix Moloua, il encourage plutôt l’émergence du secteur privé local : « Dans les négociations que nous avons avec tous nos partenaires en général et qui mobilisent autant de ressources, quand les avis à manifestation sont lancés, les critères ne permettent pas à notre secteur privé d’y accéder. C’est cette discussion que nous avons toujours menées et je le dis en tant que ministre de l’économie. Dès le départ, je me suis confronté même à cela malgré l’incompréhension de nos partenaires locaux. La barre est mise tellement haute que cela devient difficile et ce sont les entreprises étrangères qui en profitent. Aujourd’hui, cette étude nous donne l’occasion de débattre de cette question et il faudrait que le secteur privé national représenté ici dans la salle puisse contribuer au débat et voir comment on peut aller vers une flexibilité parce que nous discutons déjà pour que nos entreprises nationales participent en sous-traitance mais cela ne suffit pas. Nous voulons avoir des entreprises locales aussi compétitives », a-t-il souhaité.
Par ailleurs, la Banque Mondiale est le premier partenaire du gouvernement centrafricain. Elle a augmenté son portefeuille au profit du développement économique de ce pays depuis ces cinq dernières années malgré la tension politique, économique et financière dans le pays.
Belvia Espérance Refeïbona

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