Difficile ces derniers temps d’avoir de l’oignon sur les marchés de Bangui. Cette rareté a occasionné la flambée des prix de cet ingrédient incontournable sur presque tous les marchés et notamment au kilomètre 5, qui est considéré comme le poumon de l’économie de la capitale centrafricaine.

Les raisons de cette rareté varient selon les grossistes que l’Oubangui Médias a rencontrés. D’autres parlent de la saison pluvieuse qui serait à l’origine de cette rareté, certains grossistes par contre évoquent la pénurie du carburant qui a un impact sur les transporteurs.

Selon le constat du journal Oubangui Medias, un sac d’oignon qui se vendait entre 40.000 à 45.000 FCFA coûte aujourd’hui 145.000 FCFA. Une augmentation qui fait froid au dos.

Pour Bagaza, délégué d’un dépôt situé à la rue de la Mosquée Oumar Kateb dans le 3e arrondissement de Bangui, et père de 8 enfants qu’il arrive à supporter grâce à la gestion de son dépôt d’oignons, les camions qui transportaient ces ingrédients n’arrivent plus comme d’habitude. Ce qui fait qu’il n’arrive plus à supporter ses charges régaliennes.

« Au paravent, on vendait un sac d’oignon entre 40.000 à 45.000 FCFA et cela nous remporte bien. Mais au moment où je vous parle, un sac d’oignon coûte 145.000 FCFA. Là c’est un peu dur en ce moment. Nous galérons ici comme ça », a-t-il regretté.

Aïcha  Dhabi, une ménagère qui pouvait utiliser dans une semaine des oignons de 500 FCFA n’arrive plus malgré qu’elle a augmenté son budget à 1000 FCFA chaque semaine, la quantité aussi de couvre plus.

Certains commerçants nous indiquent que les oignons de cette année sont des anciens stocks qu’ils sont obligés d’évacuer avant de commander d’autres. Pour eux, d’ici novembre, le marché sera à nouveau ravitaillé par cet ingrédient source de vitamine B6.

Il faut souligner que cet ingrédient est beaucoup plus cultivé sur des terres arides comme au Soudan et au Tchad qui ravitaillent les marchés centrafricains depuis plusieurs décennies. Même si l’oignon est aussi cultivé en Centrafrique, sa quantité ne couvre pas les marchés du pays.

Cet ingrédient, selon les spécialistes de la santé collabore également à la production des globules rouges et leur permet de transporter davantage d’oxygène. La pyridoxine est aussi nécessaire à la transformation du glycogène en glucose et elle contribue au bon fonctionnement du système immunitaire. Enfin, cette vitamine joue un rôle dans la formation de certaines composantes des cellules nerveuses.

Très consommés en Centrafrique, sa rareté devient un handicap pour la cuisine.

Mireille Maïmouna MODOUKA