Un jour après le retour de son pèlerinage à la terre sainte en Israël, le ministre de la jeunesse, des sports et de l’éducation civique Aristide Briand Reboas a échangé avec la presse sur sa mission avant de se prononcer sur l’actualité politique du pays, marquée par la visite du président de transition gabonaise en République Centrafricaine (RCA) mais surtout la sortie de l’opposition démocratique à travers une déclaration faite à Paris, qualifiant d’illégitime les institutions du pays et celles qui seront issues de la nouvelle constitution contestée. Le ministre Aristide Briand Reboas répond à nos questions.
Oubangui Médias : Monsieur le ministre bonjour. Vous revenez d’un séjour d’Etat en Israël. Que pouvons-nous retenir de ce séjour ?
Aristide Briand Reboas. Bonjour. Je rends grâce à Dieu par ce que, aller en Israël et visiter tous les sites, c’est mon rêve d’enfance. Quand j’étais petit à l’école du dimanche, je pensais qu’Israël n’était pas sur la terre mais un royaume de Dieu. Je suis devenu théologien car j’ai eu ma licence en théologie en l’an 2000 à l’Institut Théologique par extension en France et j’ai appris l’histoire d’Israël. Avec ses visites des sites historiques, cela m’a permis de comprendre deux choses : plus de 40 fois la destruction de l’Israël, plus de 40 fois ce peuple s’est reconstruit. C’est un peuple à chaque fois quand il tombe, il se relève et se relève dignement. Cette nation compte sur son peuple pour la reconstruction.
C’est une mission d’Etat car j’étais invité par le Gouvernement. La visite en Israël est un moment de partage pour la mémoire spirituelle de l’Israël et sa coopération avec les pays africains. Les israéliens ne font rien au hasard, tout est écrit en avance, surtout la relation entre l’Afrique et l’Israël. C’est une relation prophétiquement établie (Essai 19 :19) où Dieu a qualifié l’Afrique comme le « partenaire de l’heure » pour l’Israël.
La République Centrafricaine joue un rôle moteur dans l’interprétation de cette prophétie car avant les gens utilisaient le terme Egypte pour qualifier l’Afrique. La prophétie dit que c’est au centre de l’Egypte qu’il y aura une route qui permettra de rallier l’Israël et l’Afrique. Il nous a été dit que dans l’interprétation géographique de l’heure, c’est la RCA qui joue ce rôle. L’Afrique sera appelée peuple de Dieu, Israël héritage de Dieu et l’Assyrie, tout ce qui est pays arabe de moyen orient. C’est à cause de cela que le monde des ténèbres s’est révolté pour créer des conditions de malheur pour le peuple centrafricain. Pour les juifs, nos persécutions prouvent à suffisance qu’il y a un plan de Dieu pour le peuple centrafricain.
Durant mon séjour, nous avons aussi discuté de coopération dans le domaine agricole, de la Jeunesse pionnière nationale.
Sur le plan politique, Israël à 70 ans en tant qu’Etat a été longtemps secoué et a su se relever pour être une puissance sans égale. C’est un pays où la dimension spirituelle occupe une place dans la morale en politique. Nous, RCA dans la quête de la vertu prônée par le Président de la République et dans la VIIe République, leur exemple peut nous servir, à la fois serviteur de Dieu et ministre de la République. Donc, je ne suis pas revenu les mains vides, j’ai établi un certains nombres de contacts qui pourront servir au pays.
Pour mémoire, la RCA était le premier pays sous David Dacko à reconnaitre la Nation d’Israël. Pour les juifs, c’est important. C’est pourquoi nous n’avions plus besoin de visa pour nous rendre en Israël. Sauf que pendant la crise, cela a été suspendu à cause des non centrafricains qui entrent en possession de nos passeports pour se rendre en Israël sans que les centrafricains ne puissent en bénéficier.
Avec ma mission, nous avons échangé sur ce dossier et des efforts diplomatiques se poursuivent pour la levée de cette mesure afin de permettre aux centrafricains de voyager sans visa vers l’Israël.
Oubangui Médias : Comment analysez-vous la visite du président Gabonais de la transition à Bangui, le 4 octobre dernier ?
Aristide Briand Reboas : Bon, vous savez, par nature, la RCA dans l’histoire a eu au moins 16 déplacements pour questions de médiation, de recherche de la paix, du dialogue en commençant par l’accord de Syrte en Libye. A chaque fois, se sont nos chefs d’Etats qui se déplacent de fois pour avoir affaire à des médiateurs dont la majorité n’étaient pas des présidents de la République.
Maintenant, le changement, c’est que le médiateur doit inspirer confiance comme notre cas. L’odeur de cette confiance devrait se sentir par la neutralité et le président Touadéra a été trouvé neutre dans l’affaire du Gabon pour jouer à la médiation. Il a reçu le mandat pour se déplacer au Gabon et gérer sagement la libération de l’ancien président Ali Bongo. Il avait rencontré les deux parties différemment pour faire des propositions concrètes en amenant une dimension humaine à la résolution de cette crise.
L’intervention du Président Touadéra a été un acte très fort où la diplomatie a été mise en avant, pas les menaces comme le cas de l’Afrique de l’Ouest dans la gestion de la crise au Niger. C’est la Centrafrique qui a gagné, la CEMAC a gagné et la CEEAC a triomphé. Il y a une dimension très symbolique qui représentera une charge historique au regard de la crise au Niger. Cela témoigne la maturité de notre système d’intégration parlementaire. La RCA a aussi de leçon à donner. Tout est régler simplement par des dispositions de la Charte des Nations-Unies au Chapitre 6, qui parle d’abord de la diplomatie dans la gestion première des crises. C’est lorsque cela ne marche pas qu’on applique le chapitre 7, l’imposition des sanctions ou l’usage de la force. Deux probabilités se sont posées: le président Touadéra a rendu la résolution de cette probabilité très probable pour apporter la solution ; de l’autre côté, la CEDEAO a résolu l’une des probabilités les plus improbable.
Voilà ce qui a poussé le président gabonais de transition de faire le déplacement de Bangui pour présenter l’évolution de la gestion de la transition au médiateur. Venir à Bangui, c’est d’abord pour témoigner sa reconnaissance au président Touadéra.
Ce qu’il faut retenir est que la RCA qui était une pierre rejetée est devenue la principale de l’angle pour la construction de la morale en politique et d’un modèle de diplomatie, ce qu’on appelle la nouvelle diplomatie. C’est une source d’espoir.
Oubangui Médias : De la déclaration des opposants à Paris, en passant par celle d’Alexandre Ferdinand Nguendet à l’initiative de médiation du groupe des sages de l’Union Africaine. En quoi cela vous inspire ?
Aristide Briand Reboas : Quand je suis en pèlerinage pour prier pour la Nation, j’ai appris des déclarations par exemple de l’opposition et une certaine préparation d’un dialogue avec le groupe des sages de l’Union Africaine. Ce que l’Union Africaine fait n’engage pas le Gouvernement centrafricain. C’est la démarche de l’opposition politique et certains de leurs amis de l’Union Africaine. Ce que nous devons comprendre ce que, à chaque fois quand il y a des efforts en RCA, il y a un vent parallèle qui essaye de torpiller.
Ce même schéma de dialogue avec le groupe de sage, exactement quand pendant la transition la Présidente Catherine Samba-Panza organisait un dialogue, un groupe parlait du dialogue à Nairobi entre François Bozizé et Michel Djotodia. Le paradoxe est que ceux qui étaient aux affaires à l’époque de la transition avaient décrié les initiatives parallèles de Nairobi.
Aujourd’hui, les mêmes demandent qu’il ait une autre médiation dans l’esprit de proposer un Premier ministre de l’opposition et certains postes clés du gouvernement. Je pense qu’il y a un plan de malheur derrière ces machinations car il s’agit des mêmes individus pour pousser la rébellion de la Coalition des Patriotes pour le Changement de poursuivre sa chasse au cœur du pouvoir. Si le groupe des sages était sage, la sagesse aurait voulu que quand ton enfant meurt chaque jour à la mer, à la recherche du bien-être en Europe, qu’ils puissent se poser les vraies questions.
Dans la logique des machinations des politiques au milieu de l’opposition, il y en a un qui gère une république virtuelle, le e-président cherche une e-république et une e-population, cela ne nous intéresse pas car, nous gérons la vraie République matérielle. C’est le rassemblement de certaines personnes de souvenir éprouvant, cela ne nous concerne pas.
Il y a une déclaration qui est faite à Paris et c’est le contenu qui va les rattraper car on ne peut pas à partir d’un pays ami chercher à déstabiliser l’autre. Par le passé en France, il y a des opposants qui ont fait des déclarations incendiaires contre leur pays et ils ont été rapatriés. C’est le cas de l’ivoirien Guillaume Soro après la requête du gouvernement de son pays. Le Gouvernement centrafricain peut porter mention.
Le relais de cette déclaration a été pris par Alexandre Ferdinand Nguendet qui voulait faire un coup d’Etat. Il présente son projet à ses amis de l’opposition, les gens ont jugé très risquant et il veut procéder à ce qu’on appelle une « dette de coup d’Etat » car, il a dit dans son audio à son homme de main de faire le coup, après, il sera rebroussé 2 millions de FCFA. Il dit aussi qu’après son coup d’Etat, celui qui viendra le voir paiera des milliards et aussi, quand il sera président, il se paiera lui-même ses arriérés de pension en tant qu’ancien chef d’Etat. Donc, voilà sa vision de la VIIIe République. Tout simplement pour dire à la population de faire attention à ces gens-là. Notre part de responsabilité, c’est d’être unis, soutenus et comprendre que le président Touadéra travaille pour l’avenir de la jeunesse mais ce que l’opposition propose, c’est le souvenir éprouvant. Dans cette opposition, il y a les Seleka, les banyamulenge et autres. Le bilan, c’est au moins 40.000 jeunes qui sont morts, d’autres sont violés, d’autres attendent la justice et réparation ainsi que le mémorial pour accueillir la mémoire de nos illustres disparus. Pour le reste, c’est de la diversion.
Oubangui Médias : Monsieur le ministre, nous vous remercions.
Aristide Briand Reboas : C’est à moi de vous remercier.
Propos recueillis par Fridolin Ngoulou

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