Les employés de l’Office National de Gestion des Infrastructures Sportives en RCA (ONASPORT) ont pris d’assaut l’entrée principale du complexe sportif 20.000 places mercredi 27 septembre 2023 pour demander le strict respect de près de vingt revendications qui sont sur la table du directeur général de cet office Hervé Séverin Lindamon et dont le dossier n’avance pas depuis plusieurs mois.

Après avoir introduit un préavis de grève de trois jours la semaine passée, les employés de l’ONASPORT ont passé à l’acte tôt dans la matinée du mercredi 27 septembre.

Ils ont barricadé l’entrée principale du complexe sportif de 20.000 places avec la feuille de palmier en symbole de deuil et des vieux morceaux de cartons sont affichés où ces grévistes ont écrit « non à la dictature, oui au respect de l’article 36 de la constitution », « Payer nos 45 mois d’arriérés de salaire aussi nos cotisations à la CNSS », « Non à la mauvaise gestion de l’ONASPORT ».

Tout fatigué, assis sur les escaliers du complexe sportif, Richard est âgé d’une soixantaine d’années. L’un des grévistes, il est un ancien employé de l’ONASPORT admis à retraite depuis 2020 mais n’a jamais perçu ses droits légaux. Il a accepté de venir manifester pour espérer une quelconque réponse à son calvaire : « J’ai entamé comme tout le monde les démarches pour entrer en possession de mes droits légaux mais le directeur a très mal entamé le processus ce qui fait que jusqu’à lors, ces frais ne sont pas versés », dénonce –t-il.

Un autre manifestant qui n’a pas souhaité décliné son identité a indiqué que le DG a instauré une dictature au sein de l’ONASPORT : « Il nous parle des réformes mais sa gestion est basée sur le clanisme et le népotisme. Il a fait venir ses parents et des gens de son église,  ce qui fait que tous les jours, nous assistons au licenciement abusif du personnel de l’ONASPORT. Même nous qui manifesterons, il pourra aussi nous licencier », regrette ce personnel.

Si la gestion du Directeur Général de l’OANSPORTS, Hervé Sévérin Lidamon, est fortement décriée par le personnel qui en appelle aux plus hautes autorités, ceux-ci, sur 19 revendications présentent les trois problèmes phares, notamment le paiement de quatre (4) mois d’arriérés de salaires, le versement des cotisations à la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale et explications claires et valables sur le rabattement de leurs salaires et licenciement abusif.

« Nous demandons au Ministre de la jeunesse et sports, le Ministre contrôleur des sociétés Parapubliques et la Haute Autorité chargée de la Bonne gouvernance de jeter un regard sur la gestion de l’ONASPORTS qui est un patrimoine d’Etat. Le personnel ne doit pas être victime d’actes posés par une seule personne », a déclaré Blaise Dida Wavontin, délégué des grévistes.

En effet, l’ONASPORT gère les infrastructures sportives et met en location de nombreuses salles de conférence du Complexe 20.000 places ainsi que celles et les locaux de l’OMNISPORT. Certaines sources admettent que les tarifs des locations ont sensiblement augmenté mais leurs problèmes ne sont jamais résolus, même pas en moitié.

Des accusations rejetées par le DG Hervé Lindamon. Selon lui, il ne fait que respecter l’accord d’établissement.

Comme pour les précédentes manifestations, la police est intervenue dans les locaux où manifestait le personnel de l’ONASPORT pour disperser les manifestants. Un fait dénoncé par ceux qui ne font que revendiquer leurs droits, conformément aux dispositions légales.

L’ONASPORT est un office qui a été créée en 2010, chargé d’assurer la gestion des infrastructures sportives et de son personnel. Mais, sa gestion manque d’une orthodoxie et le personnel, raison pour laquelle le personnel entre régulièrement en grève.

Christian Steve SINGA et Alida Jennifer Mbokosse