Ce verdict a été prononcé à l’encontre de l’ex-Président François Bozizé et coordinateur général de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) le 21 septembre 2023 par la Cour d’Appel de Bangui lors de la session criminelle, pour sept chefs d’inculpation: atteinte à la sûreté intérieure, association de malfaiteurs, rébellion et complot.

Deux progénitures de l’ancien Président devenu chefs rebelles sont concernés par cette condamnation, notamment Jean Francis et Aimé-Vincent alias « papy » Bozize.

A cette liste s’ajoute les chefs de guerre, Nourredin Adam, Ali Darassa, Mohamed Al-Khatim, Abakar Sabone ou Sambe Bobo, Maxime Mokom qui lui est déjà à la Cour Pénale Internationale, Ludovic Igor Lamaka, Mahamat Alkatim ainsi que Serge Bozanga, porte-parole de la CPC.

Le cas Abdou Karim Méckassoua a été renvoyé à la prochaine session.

Tous ceux qui viennent d’être condamnés sont encore dans les maquis et vivent en exil entre le Tchad, le Soudan, la France et la Guinée Bissau où réside François Bozizé depuis plusieurs mois.

Avant ce jugement, la justice avait donné 10 jours aux mises en cause de se présenter devant la barre. Personne ne s’est présentée avant le verdict qui est tombé.

Condamnation diversement interprétée :

Si cette condamnation par contumace est qualifiée de « politique » par des membres de la CPC, les proches du pouvoir, estiment qu’il faut mettre fin à l’impunité dont bénéficie certains auteurs de coups d’Etat ou de rébellions en Centrafrique, conformément aux dispositifs de la Constitution de la RCA.

Il s’agit-là d’un signal fort à l’encontre de François Bozizé qui se voit écarter davantage de l’arène politique et qui l’oblige ainsi que ses camarades de rébellion à poursuivre leur exil au risque d’être arrêtés et emprisonnés s’ils oseraient s’aventurer en RCA.

Pareillement, des observateurs locaux estiment que ce jugement par contumace est une réponse à la demande d’un dialogue inclusif que ne cesse de réclamer l’ancien Président en exil: Pas de dialogue sans justice.

Selon les informations de l’Oubangui Médias, un mandat d’amené serait lancé et la justice centrafricaine demande la collaboration des pays  d’exil de ces chefs rebelles afin de les livrer pour purger les peines sur le territoire national.

François Bozizé a plusieurs ennuis judiciaires, raison pour laquelle il a été écarté des élections de 2020 avant de lancer les hostilités contre le pouvoir de Bangui et tenter de prendre le pouvoir en janvier 2021.

Les condamnés accepteront-ils le verdict ou auront-ils le courage de l’ancien monarque Jean-Bedel Bokassa d’affronter la justice de leur pays comme en 1987?

Junior Max Endjigbongo