A trois jours de l’expiration de l’ultimatum de la Communauté Economique des Etats d’ Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a sommé la junte militaire de rétablir au pouvoir Bazoum victime de coup d’Etat, on note un regain de mouvement au sein des deux camps.

Au niveau de la CEDEAO, la décision de suspendre « toutes les transactions commerciales et financières » avec le Niger est actée. Le Nigeria a cessé de fournir l’électricité au Niger, la Côte d’Ivoire a aussi fermé sa frontière avec Niamey dont le port de Cotonou vient de lui être interdit.

Au plan militaire, les Chefs d’Etat-Major des armées des pays membres de la CEDEAO sont en conclave à Abuja (Nigeria) pour « élaborer un plan d’opération pour une éventuelle intervention militaire de la CEDEAO au Niger, visant à rétablir l’ordre constitutionnel dans ce pays ».

Mais, la junte militaire dirigée par le Général Abdourahamane Tchiani ne semble pas prête à se soumettre à la décision de la CEDEAO et de certaines capitales occidentales qui demandent le rétablissement du Président Bazoum au pouvoir.

Face à la menace de la CEDEAO, le Mali et le Burkina Faso se sont alignés derrière le Niger. Dans un communiqué conjoint, ils ont prévenu que « toute intervention militaire contre le Niger s’assimilerait à une déclaration de guerre contre le Burkina Faso et le Mali ».

Déjà, plusieurs émissaires du Général Abdourahamane Tchiani ont été reçus à Ouaga et Bamako. Pour les 63 ans d’indépendance du Niger, suite à l’« appel patriotique » du M62, un mouvement né en 2022, des milliers de nigériens se sont rassemblés ce jeudi 03 août 2023 au centre de Niamey avec pour principal mot d’ordre la dénonciation de la présence française dans le pays.  Si Paris a déjà rapatrié 992 de ses ressortissants, Niamey multiplie les invectives et accusations de manière voilée contre la France.

Intervention militaire des « casques blancs de la CEDEAO ?

Surnommés les « casques blancs », la CEDEAO avait mobilisés 20.000 entre 1990 et 1998 lors de leur premier déploiement au Liberia, selon France 24. Ils interviennent en Sierra Leone, plongée alors en pleine guerre civile (1997-2000), en Guinée-Bissau (1998-1999 et 2012), de nouveau au Liberia (2003) et en Côte d’Ivoire (2003-2004).

La Force se relève incapable, en revanche, en 2012, de stopper l’offensive djihadiste au Mali, avant l’intervention de la France. Principal pays pourvoyeurs des troupes de la Force en attente de la CEDEAO, le Nigeria est plus agressif contre les nigériens. Cependant, la CEDEAO n’avance pas unie. Le Mali et le Burkina Faso, secoués récemment par des coups d’État militaires, ont apporté leur soutien aux putschistes, en affirmant que « toute intervention militaire contre le Niger s’assimilerait à une déclaration de guerre contre le Burkina Faso et le Mali »

Junior Max Endjigbongo