La ville de Bambari est connue pour la fabrication des chaussures, sacs et ceintures avec des peaux de bêtes. Une activité très rentable mais pratiquée depuis toujours par des hommes. Comment Mireille s’est intéressée à cette activité ? De passage dans cette ville en novembre dernier nous nous sommes intéressés au parcours de cette jeune dame d’une quarantaine d’années et mère de 9 enfants dont 4 filles.
La maison de la fabrication des chaussures et des ceintures artisanales est non loin du pont « Bou kako » qui signifie « feuille noire » en langue locale. Ici on y trouve toute sorte de chaussures fabriquée avec des peaux des bêtes. C’est un travail en chaîne.
Assise sur un banc de moins d’un mètre, Mireille Ngbondjé, toute souriante, elle nous raconte comment elle s’est retrouvée parmi ces hommes. Mais d’entrée de jeu, elle souligne que tout est parti d’une simple curiosité. « C’est mon mari qui faisait ça auparavant et je me rends chaque soir pour récupérer l’argent de nourriture des enfants et je voyais comment ses collaborateurs et lui travaillaient en équipe. Et un jour, je m’amusais à fabriquer une chaussure et j’ai réussi à le faire. De là, j’ai eu l’encouragement de ses collaborateurs et je commençais à m’intéresser à métier. J’ai commencé à contribuer aussi dans la famille, surtout dans l’éducation des enfants».
Pour avoir un produit fini, ces peaux de bête subissent plusieurs transformations. Avant toute transformation, ces peaux sont mises dans l’eau pour une période de deux semaines avec des écorces.
Après avoir soutiré ces peaux dans l’eau, ils les étalent pendant deux jours au soleil.
« Une peau de cabri peut fabriquer quatre chaussures en valeur de 12.000 ou 10.000 FCFA par jour », à en croire Mireille Ngbondjé.
Un très bel exemple pour nos sœurs qui misent toujours sur les hommes, a indiqué Maixant Aymar Mbropou, le président de la maison artisanale de Bambari: « Cette dame est une courageuse, malgré ces peaux de bêtes dégagent une odeur insupportable, elle a accepté de venir travailler avec nous. J’exhorte les filles qui chôment encore au quartier de copier ce bel exemple de Mireille Ngbondjé », a-t-il témoigné.
Cette dame encourage d’autres femmes à aller vers une autonomie, gage du développement du pays
Christian Steve SINGA

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