Avec sa couleur noire ébène, Noura à la parure souriante, mesurant 1,70 sur 65 kilos est une passionnée de la culture. Pour cette dernière, la valeur culturelle doit être au centre de la pensée humaine. A cet effet, elle a décidé de s’engager dans le concours Miss Centrafrique 2025, bravant inquiétude et pesanteur. 

Comme tout rêve tire sa naissance dans l’insouciante enfance, Noura a forgé l’idée de devenir Miss depuis l’âge de 16 ans. Pour elle, ce n’est pas question de mettre en valeur seulement la beauté féminine mais de porter une valeur traditionnelle, éducative et sociale.  Aujourd’hui à 21 ans, elle est qualifiée pour la grande finale du concours « Miss Centrafrique 2025. Un rêve en voie de réalisation… » 

Un début difficile à cause des pesanteurs mais surmonté avec du courage

Tout premier pas dans tout domaine est hésitant surtout si on n’est pas bien entouré. Les premiers échecs poussent aussi à l’abandon. Cette loi veut s’imposer à Noura mais elle l’a balayé d’un revers de la main, pleine de courage et motivation. « Quand j’ai commencé mes premiers pas dans ce milieu, mon tout premier obstacle était ma forme. Je pensais que cela ne va pas me permettre de réaliser mes rêves. Mais au fur à mesure, j’ai développé l’estime en soi, j’ai ignoré ce problème et aujourd’hui, la lumière éclaire dans ma zone noire et je cours avec force derrière mon rêve », a-t-elle expliqué.

Entre les études, le monde culturel et les parents : la passion et le devoir de réussir s’imposent

Etudiante en première année de Transport et Logistique, Noura est consciente que les études priment et constituent une fondation pour la réussite dans le monde professionnel. Elle se donne à cent pourcent pour relever ce défi qui fait face à sa passion culturelle notamment son rêve de devenir miss.

En Afrique en général et en Centrafrique en particulier, plusieurs parents pensent que toute personne qui s’engage dans le milieu culture a toujours un désamour pour les études. Chose que Noura a démontré le contraire.  Elle sait combien ses parents sont rigoureux et elle fait tout pour ne pas les décevoir mais plutôt de les rendre fiers. Pour ce faire, elle a su faire la part des choses entre les études et sa passion culturelle. Ses succès étudiants ont convaincu les parents à l’encourager et à la soutenir sur les deux chemins comme elle le témoigne : « Mes parents me motivent régulièrement.  Ils sont mes premiers soutiens dans ce challenge. Mes résultats à l’école sont comme des preuves pour attester que la passion culturelle n’est pas un frein pour les études. Je suis capable d’arriver au sommet avec les deux. Il suffit que je me donne avec confiance et conscience ».

Une démonstration XXL pour décrocher le ticket de la finale

Pour cette compétition qui a regroupée plusieurs candidates, Noura faisant preuve de ses capacités s’était qualifiée pour les demi-finales. Et, c’est lors de la demi-finale qu’elle a fait comprendre que sa présence dans ce concours n’est fortuite. Dans sa tenue traditionnelle faite à base de natte, bordée de pagne, attachant les perles comme à l’ancienne, tenant et sifflotant une corne comme une guide guerrière noire, Noura a exécuté des pas de défilé et de danse digne d’un master class culturel. Sous des tonnerres d’applaudissement et des cris de triomphes du public, les membres du jury en toute conscience sont aussi fascinés par sa présentation sur scène. Résultat, elle décroche son ticket avec brio et file en finale tête haute.

Toute joyeuse de cet exploit mérité, elle s’exprime : « Je sais que la concurrence est rude. Toutes les candidates sont belles et chacune dispose du potentiel qui est valable pour convaincre le jury. A cette idée, j’ai décidé de sortir du commun avec ma tenue et tout ce que j’ai pu présenter sur le podium. Quand le public m’ovationnait, je ressentais une force qui m’a propulsé davantage. Je suis si fière de ma qualification. J’espère faire davantage le jour de la finale ».

Après sa qualification, les images de sa présentation sur scène sont devenues virales et ont fait le tour des réseaux sociaux.  Les internautes ont clairement noté que Noura a quelque chose de différents aux autres candidates.  Elle-même est restée admirative quand elle s’est rendue compte : « Après nos prestations, j’ai fait le tour des réseaux sociaux et j’ai perdu ma langue. J’ai vu mes images partout avec des messages d’encouragements et de félicitations. C’est déjà un vecteur de succès pour la grande finale qui s’annonce bouillante ».

On ne peut pas s’engager à devenir miss sans être porteuse de projets.

Face à la réalité sociale de la jeunesse centrafricaine, Noura affirme qu’elle dispose d’une panoplie de projets qui serviront de canal le jour où elle portera sa couronne de la reine de beauté et de la culture centrafricaine. Mais elle ne peut pas dévoiler ses secrets dans la presse de peur que ses concurrentes s’en approprient. D’ailleurs, dans une compétition quelconque, tous les coups sont permis ? Etant sage, elle a compris et rassure le public de ce qu’elle dispose comme profession de foi. 

Pour ce faire, elle présente déjà sous forme de discours, ce qu’elle attend de la jeunesse centrafricaine. « Les jeunes centrafricains doivent savoir que nous sommes la force et l’avenir de ce pays. Chaque rêve que nous portions, chaque ambition que nous nourrissions, c’est comme du potentiel pour transformer notre pays et de lui créer un avenir glorieux et lumineux. Notre voix compte, notre énergie est inspirante et notre engagement peut faire la différence ».

Elle ne s’est pas arrêtée là, lance aussi un appel particulier à l’endroit de ses paires filles : « Croyons en notre valeur et capacité. Ne laissons personne nous emporter dans le bateau du découragement en nous faisons croire que nous sommes incapables de réaliser nos rêves. Certes, nous faisons face à des difficultés. Cela doit nous servir de motivation. Travaillons et cultivons durement sur nos talents, notre éducation, notre savoir-faire et être. Nous méritons de briller et de nous imposer à l’échelle publique ». 

A en croire cette dernière, les filles sont appelées à être des ambassadrices de leur propre vie, être des modèles de force, de résilience contre les préjugés du monde. 

De tout ce qui précède, Noura est coiffeuse, maquilleuse, passionnée de lecture, de voyage, du dessin et des jeux PS4. Elle envisage de saisir grâce à la visibilité qu’elle va avoir comme Miss Centrafrique 2025 de se lancer dans la mode, du cinéma et de l’animation télévisée pour gagner plus d’impact dans le concours Top Modèle Internationale 2025 dont elle est aussi qualifiée pour la demi-finale. Elle reste à ce jour optimiste et demande aux amoureux des valeurs culturelles de venir la soutenir lors de la grande finale qui se tiendra le 14 décembre à l’Omnisport de Bangui.     Rayms Yanguéré