À quelques jours du second tour des élections prévu le 26 avril, une vive contestation a éclaté dans la matinée du 24 avril au lycée des États des Rapides, dans le 7ᵉ arrondissement de Bangui. Des agents de bureaux de vote non reconduits dénoncent des irrégularités dans le processus de sélection orchestré par l’Autorité Nationale des Élections (ANE).
Le calme habituel du lycée des États des Rapides a été perturbé par cette manifestation de mécontentement menée par d’anciens agents de bureaux de vote ayant officié lors du premier tour du 28 décembre dernier. À l’origine de cette grogne : leur non-retenue pour la formation et le déploiement prévus dans le cadre du second tour.
Alertées par les responsables de l’Autorité Nationale des Élections (ANE), les forces de l’ordre se sont rapidement déployées afin de prévenir tout débordement et assurer la sécurité sur les lieux.
Parmi les manifestants, Dangkongo Jean Josué, ancien membre de bureau de vote dans ce centre, dénonce un processus qu’il juge opaque et incohérent. « Lors du premier tour, nous étions cinq agents retenus par bureau. Aujourd’hui, l’ANE évoque une réduction à trois membres en raison de la baisse du nombre d’électeurs. Mais aucun de nous n’a été reconduit. À la place, de nouvelles personnes ont été choisies, en majorité des agents de sécurité de l’agence FOX SECURITY de Clément Ndotizo », a-t-il déclaré.
Même indignation du côté d’Andjipamo Winny, qui occupait le poste de deuxième assesseur lors du premier tour. Non retenue pour le second, elle dénonce une situation qu’elle qualifie de suspecte : « Nous avons été formés et déployés par l’ANE, puis écartés sans explication. La majorité des nouveaux agents seraient issus d’une même agence de sécurité. Cela pose un problème d’équité. Un candidat ne peut pas être aussi massivement représenté dans les bureaux de vote. »
Les manifestants appellent les autorités compétentes ainsi que la population du 7ᵉ arrondissement à faire preuve de vigilance.
Du côté de l’ANE, aucun responsable n’a souhaité s’exprimer sur ces accusations. Ce silence alimente davantage les suspicions dans un contexte où la rivalité entre partisans des deux candidats s’intensifie. Clément Ndotizo est notamment accusé par le camp de son adversaire, Christian Limbo, de préparer une fraude électorale en amont du scrutin.
Face à cette situation préoccupante, l’ANE est attendue sur sa capacité à rassurer l’opinion publique et à garantir un processus électoral crédible et apaisé. Une affaire à suivre de près.
Charlemagne Nzembe

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