La Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC), sous la conduite de l’Apôtre Nicolas Guerekoyame-Gbangou, a tenu ce Mercredi, 25 Février 2026 une conférence de presse consacrée à la mission effectuée du 12 au 20 Février dans la préfecture du Haut-Mbomou. Cette mission pastorale, menée dans un contexte de crise humanitaire et sécuritaire persistante, visait à sensibiliser les communautés locales sur la paix, la cohésion sociale et la non-violence.
Les leaders religieux de la PCRC se sont rendus à Zémio, Obo, Bambouti ainsi qu’auprès des réfugiés centrafricains installés au Sud-Soudan. Leur objectif était clair : rencontrer les autorités locales, administratives, politiques et religieuses, mais aussi les populations affectées par les violences et les déplacements massifs.
Le Haut-Mbomou reste l’une des régions les plus fragilisées du pays. Les crises successives y ont provoqué des pertes en vies humaines, des enlèvements, des pillages, des viols et une psychose généralisée. Les populations, contraintes de fuir vers les frontières du Congo et du Sud-Soudan, vivent dans une grande précarité.
Au cours de leur mission, les leaders religieux ont constaté une souffrance profonde parmi les déplacés et les communautés locales. Beaucoup se disent abandonnés par l’État et expriment une forte attente de sécurité. Les risques d’une crise alimentaire et d’une année blanche scolaire sont réels. La présence de forces étrangères, notamment russes, suscite inquiétude et effroi, tandis que la porosité des frontières avec le Congo, le Sud-Soudan et l’Ouganda accentue la vulnérabilité des habitants.
À Zémio, une grande partie de la population et certaines autorités locales ont trouvé refuge dans le village de Zapaye, au Congo. L’administration et les écoles y sont paralysées, les femmes victimes de violences, et l’hôpital attaqué et fouillé. À Obo, la peur est telle que de nombreux jeunes et femmes passent leurs nuits dans la forêt pour échapper aux perquisitions nocturnes. Quant à Bambouti, la sous-préfecture est devenue déserte après la dernière attaque, les habitants ayant fui vers le Sud-Soudan. Les infrastructures récemment réhabilitées par la MINUSCA hôpital, école, bâtiments administratifs ont été vandalisées et pillées.
Malgré ce tableau sombre, la mission a révélé une volonté forte des communautés de préserver la paix et de vivre ensemble. Les leaders religieux ont rencontré des femmes courageuses, des jeunes porteurs d’espoir et des responsables communautaires déterminés à maintenir la cohésion sociale.
Un moment fort de cette mission a été le grand rassemblement organisé à Obo, coïncidant avec le début du carême chrétien et du ramadan musulman. Autorités locales, leaders religieux, MINUSCA, jeunes, femmes et enfants se sont retrouvés au stade dans un esprit d’unité. La PCRC y a délivré un message clair : réconciliation, refus de la violence, rejet de la manipulation communautaire, solidarité et dialogue.
Lors de la conférence de presse, l’Apôtre Nicolas Guerekoyame-Gbangou a relayé les appels de la PCRC :
Aux autorités nationales, de renforcer la présence de l’État et la protection des civils, et de mettre en place un comité de concertation locale ; aux partenaires internationaux, d’intensifier l’aide humanitaire ; à la MINUSCA, de poursuivre ses efforts de stabilisation et de sécurité ; aux jeunes, de refuser toute manipulation extérieure ; aux communautés locales, de privilégier le dialogue ; aux FACA et aux forces russes, de créer un climat de confiance avec la population ; aux groupes rebelles, de déposer les armes et de cesser les violences ; aux leaders religieux, de continuer à unir leurs efforts pour la paix ; à chaque enfant du Haut-Mbomou, de devenir un artisan de paix.
« La paix n’est pas seulement l’absence de guerre ; elle est la présence de la justice, du respect et de la dignité humaine », a rappelé l’Apôtre Guerekoyame-Gbangou. Pour la PCRC, le Haut-Mbomou ne doit pas rester un espace de division et d’exactions, mais devenir un symbole de résilience et de fraternité.
La plateforme religieuse insiste : la paix est encore possible. Elle commence dans le cœur, se construit dans les communautés et se consolide par des actions concrètes. Elle exige l’engagement de tous autorités, leaders communautaires, forces de sécurité, jeunes, femmes, MINUSCA et partenaires internationaux.
La PCRC réaffirme sa volonté d’accompagner toute initiative visant à restaurer la cohésion sociale, la stabilité et la paix durable en République Centrafricaine. Dans un pays marqué par des décennies de crises, cette mission dans le Haut-Mbomou illustre la détermination des leaders religieux à placer le dialogue et la solidarité au centre de la reconstruction nationale.
Dieu Beni Anderson Kabou

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