L’historien W. ROSTOW a décrit le processus de passage des sociétés traditionnelles de l’ère industrielle ou de l’ère du développement ; il y a cinq étapes dont les deux premières sont : les « sociétés traditionnelles essentiellement agricoles sont marquées par le fatalisme ; la précarité (famines disettes) et la rigidité (l’absence de mobilité sociale ; de progrès technique rapide…) ainsi que les conditions préalables ou démarrage qui se mettent ensuite en place avec la révolution agricole; la transition démographique et la mutation des idées des comportements. 

En Europe, le siècle des lumières donne naissance à l’esprit scientifique ; le protestantisme favorise l’apparition des hommes de profit et les économistes classiques démontrent les biens faits du capitalisme.

La RCA na pas encore franchi la deuxième étape ainsi que bon nombres des pays africains. Pour répondre à la question posée, il est intéressant de parler de la stratégie du développement et de la stratégie de financement de la croissance par endettement. La stratégie de développement est la ligne directrice des entreprises par un pays du tiers monde pour tenter de déclencher ou d’accélérer son processus de développement.

Eu regard des théories du sous-développement, on peut dresser une typologie de ces stratégies comme suit :

Les libéraux prônent l’insertion dans la division internationale du travail pour stimuler l’économie par la concurrence

Les tiers-mondistes ont longtemps préconisé industrialisations par substitution aux importations (I.S.I) et se convertissent au développement autocentré (écodéveloppement).

Les structuralistes de système proposent les idées de pôles de développement, d’industrie industrialisante et de réforme agraire. On rattachera la stratégie de remontée de filière à cette catégorie.

Pour la stratégie de financement de la croissance par endettement, on sait qu’au niveau internationale, les USA sont restés débiteurs nets de l’Europe pendant tout le XIXe siècle. Le financement du canal Erie puis le canal mania et celui du chemin de fer ou de terres cotonnières du sud sont autant d’exemples au rôle des capitaux étrangers dans le développement dus USA au XIXe siècle. Durant les décennies 1820 et 1830 les USA émettent 175 milliards de dollars de titre dont les trois quarts sont acquis par des étrangers en particulier par les Merchant Bankers londoniens.

Après la pause du milieu du siècle, l’appel aux capitaux externes reprend à la fin de la guerre de sécessions au point que l’encours d’endettement externe attient le quart du revenu disponible brut américain en 1873.

La Russie constitue un deuxième exemple de recours massif à l’endettement externe pour financer la croissance interne. Cette politique est à nouveau destituée à pallier le manque d’épargne nationale et de crédit compte tenu du caractère embryonnaire du système bancaire russe. Ainsi des 1857, la construction de la ligne Saint Petersbourg-Varsovie ou la mise en place du réseau ferre de la région de Moscou sont financés par des capitaux anglais ; français allemands ; et néerlandais bénéficiant de la garantie financière de l’Etat russe. La politique de S. Witte va poursuivre l’élaboration du réseau ferre : le transsibérien édifie en 1891 et 1902 ; l’achèvement de la ligne entre le bassin houiller du donner et celui du minéral de fer de Krivoi Rog sont les manifestations les plus évidentes des débuts de l’industrialisation russe. Tous ces travaux sont financés par des capitaux empruntés à l’étranger.

Le Japon est un troisième exemple de pays qui supplée le manque d’épargne domestique par un recours au financent externe.

Les emprunts extérieurs de 1904 à 1913 fournissent au Japon un sixième de ses recettes totales. Les créanciers du japon sont principalement les Etats Unis et la Grande Bretagne.

Ces divers exemples prouvent bien qu’une stratégie de la croissance fondée sur l’endettement a été largement utilisée dans le passé et a fait la preuve de son succès.

Fort de toutes ces explications et tant qu’institutionnaliste, je pense préconiser le changement de mentalité et de comportement de nos leaders tous azimuts pour accoucher le capitalisme centrafricain pour ne pas dire africain au bailleur. Je souhaite le bitumage des routes matinales et des artères internationales et des artères des grandes villes tout en respectant le plan cadastral de chaque ville aux autorités administratives. Je préconise la reforme agraire.

Cette réforme agraire sera accompagnée par les bailleurs par financement des projets agricoles et pastoraux.                  

M.ZIA NGBOPAYE Gilles Bertrand, Ingénieur des travaux statistiques,  fonctionnaire  à  l’ICASESS au Ministère  de l’économie, du plan  et de la coopération internationale.

Tel  75 08 70 03 72 88 34 96