Le Ministre Conseiller en Communication et Porteparole de la Présidence de la République, Albert Yaloké Mokpeme, a tenu un point de presse ce mardi, 28 juillet 2026 à Bangui devant un parterre de journalistes, il a abordé plusieurs sujets brûlants de l’actualité nationale, parmi lesquels le processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Ses affirmations ont mis en lumière les avancées concrètes enregistrées ces derniers jours, tout en rappelant les défis persistants.

« Vous savez qu’il y a un ministère qui est chargé de ça, avec un ministère délégué. Nous travaillons en collaboration avec nos partenaires et nos alliés, avec les FACA, avec la MINUSCA. Ça évolue très bien », a déclaré Albert Yaloké Mokpeme.

Le DDRR, pierre angulaire de la politique de pacification du pays, repose sur une coordination étroite entre les Forces armées centrafricaines (FACA), la gendarmerie, la police, les alliés russes et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). L’objectif est clair : obtenir des résultats tangibles et durables, en transformant les combattants en citoyens actifs et en réduisant la circulation des armes.

Le ministre a insisté sur les progrès réalisés avec certains groupes armés, notamment les 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) et l’UPC (Union pour la Paix en Centrafrique). Deux opérations majeures ont marqué la semaine écoulée.

Le 24 juillet, 30 combattants des 3R se sont volontairement désarmés et ont reçu leur carte de démobilisation. Les armes récupérées témoignent de l’importance de cette reddition : 14 fusils d’assaut, 17 chargeurs, une mitrailleuse PK, deux lance‑roquettes RPG‑7V, un lance‑grenade de 40 mm de fabrication étrangère, ainsi que plus de 1 200 cartouches de différents calibres.

Le lendemain, 25 juillet, 20 autres combattants ont déposé les armes, portant à 50 le nombre total de désarmements volontaires en deux jours. Cette seconde opération a permis de récupérer 7 fusils AK, 3 chargeurs, une mitrailleuse, deux RPG et près de 1 815 cartouches.

« C’est louable. Ce sont des armes qui sont saisies », a salué Mokpeme, rappelant que certaines sont détruites lorsqu’elles sont hors d’usage, tandis que d’autres sont recyclées pour renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité.

Le porte‑parole a réaffirmé la vision du président Faustin‑Archange Touadéra : instaurer le « silence des armes ». Pour lui, le développement du pays ne peut se concevoir qu’en dehors de la violence. Les ex‑combattants aptes sont intégrés dans les FACA ou d’autres corps de sécurité, tandis que ceux qui ne peuvent pas rejoindre les rangs bénéficient de formations qualifiantes pour leur réinsertion socio‑professionnelle.

Cette approche inclusive vise à transformer les anciens acteurs de la guerre en artisans de paix et de développement. « Il faut l’apprécier et le répéter », a insisté Mokpeme.

Le succès du DDRR repose aussi sur l’appui financier et logistique de la communauté internationale. La MINUSCA et d’autres partenaires contribuent à la formation et à la réinsertion des ex‑combattants. Mokpeme a souligné que, même si les résultats peuvent sembler lents, ils sont réels et progressifs.

Le président Touadéra ambitionne de bâtir une armée de garnison, capable de rester proche des populations et de répondre rapidement aux menaces. Cette stratégie répond à une demande récurrente des citoyens : la présence permanente de forces de sécurité dans les zones sensibles.

Malgré ces avancées, des obstacles demeurent. Certains groupes refusent encore de déposer les armes et continuent de prendre des autorités administratives en otage. Le président a fermement rejeté toute idée de négociation dans de telles conditions. « On ne peut pas prendre des Centrafricains en otage et demander de discuter avec des autorités », a martelé Mokpeme.

Les forces de défense et de sécurité travaillent activement à libérer les otages, et le ministre a assuré que « les bonnes nouvelles arriveront bientôt ».

Au‑delà du désarmement et de la démobilisation, le rapatriement constitue une étape cruciale. Mokpeme a rappelé l’exemple des otages ougandais libérés des griffes de Joseph Kony. Cette opération, saluée par le président Yoweri Museveni, a renforcé la coopération militaire entre l’Ouganda et la Centrafrique.

Récemment, 1 800 hommes revenus d’Ouganda ont intégré les rangs des FACA, preuve de l’efficacité de cette collaboration régionale. « C’est parce qu’ils saluent la République centrafricaine », a expliqué Mokpeme, soulignant la reconnaissance exprimée par Kampala pour les efforts de Bangui.

Le DDRR n’est pas un processus linéaire. Il exige patience, persévérance et confiance mutuelle. Les chiffres annoncés par Mokpeme montrent que la dynamique est enclenchée : des dizaines de combattants déposent volontairement les armes, des milliers d’hommes sont rapatriés et formés, et la communauté internationale continue de soutenir les efforts du gouvernement.

Certes, la sécurité absolue n’existe nulle part, comme l’a rappelé le ministre. Mais chaque arme déposée, chaque combattant réinséré, chaque otage libéré constitue une victoire pour la paix.

La rencontre d’Albert Yaloké Mokpeme de ce jour a offert un aperçu concret des avancées du DDRR. Le silence des armes, longtemps perçu comme une promesse lointaine, devient progressivement une réalité. Et si le chemin reste semé d’embûches, les résultats obtenus montrent que la République centrafricaine avance, pas à pas, vers une paix durable.

Dieu Béni Anderson Kabou