Un monument attire désormais l’attention des passants entre les 2e et 5e arrondissements de Bangui. À l’initiative du conseiller Benjamin Grekoï, cette œuvre a été réalisée pour honorer la mémoire de feu Modeste Mathurin Bria, haut magistrat centrafricain tragiquement assassiné le 17 novembre 2013 par des rebelles de la Séléka.

Ce drame avait profondément marqué les esprits et suscité une vive émotion, notamment parmi les jeunes du quartier, touchés par la disparition brutale de cette figure de la justice centrafricaine. À travers ce monument, Benjamin Grekoï entend perpétuer le souvenir de cet homme et rappeler son engagement au service de l’État de droit.

La réalisation de cet ouvrage a été rendue possible grâce à un appui financier discret, notamment celui de l’épouse d’un haut responsable d’une grande institution bancaire, dont l’identité n’a pas été révélée à sa demande.

Bien que le monument soit déjà visible, son inauguration officielle tarde encore. Le conseiller Grekoï affirme avoir saisi les ministères de la Justice et des Travaux publics, sans obtenir de suite favorable jusqu’à présent.

En attendant cette cérémonie, les intempéries ont quelque peu affecté l’ouvrage. Les fortes pluies ont notamment endommagé les tôles de protection, obligeant les initiateurs à les retirer afin de procéder à des travaux de réfection.

Malgré ces difficultés, le projet demeure porteur d’espoir et de mémoire. Pour les habitants de Sica Benz VI, cette initiative constitue un acte citoyen fort contribuant à valoriser les figures marquantes de l’histoire nationale et à transmettre aux générations futures les valeurs de justice et d’intégrité incarnées par Modeste Mathurin Bria.

Le conseiller Benjamin Grekoï a également déploré le manque de volonté de rendre hommage aux grandes figures nationales. « J’ai constaté que, dans ce pays, les grandes personnalités sont souvent oubliées. On pourrait leur rendre hommage à travers des monuments, comme pour Abel Goumba ou Adama Tamboux », a-t-il regretté.

L’inauguration officielle de ce monument est attendue dans les prochains jours, marquant ainsi une étape importante dans le devoir de mémoire en République centrafricaine.

Charlemagne Nzembe