La Plateforme régionale, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le ministère de l’Action humanitaire et la Banque africaine de développement (BAD), a procédé le 6 mars 2026 à Bangui au lancement officiel du projet de renforcement des capacités des pays signataires de la Déclaration de Yaoundé sur la République centrafricaine (PRCDY-RCA 2025-2028).

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la gestion du phénomène des déplacements forcés qui ont fragilisé la République centrafricaine au cours des dernières années. L’objectif principal est de renforcer les capacités institutionnelles des pays signataires de la Déclaration de Yaoundé afin d’améliorer la coordination des dispositifs nationaux et l’appropriation de ce mécanisme régional.

William S. Schemaly, représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en République centrafricaine, a décrit le processus de retour des réfugiés :

« Cette année, environ 60 000 Centrafricains devraient rentrer du Tchad, du Congo et de la République démocratique du Congo. Pour que cela se réalise, il faut d’abord s’assurer de leur volonté de rentrer. Ensuite, ils sont enregistrés et les autorités nationales confirment leur nationalité ainsi que la validité de leurs documents d’identité. Après ces démarches, ils sont transportés par bus avec leurs effets personnels vers la République centrafricaine, où des centres de réception sont prévus pour les accueillir. Au cours des trois à quatre dernières années, près de 75 000 Centrafricains sont déjà rentrées et ont commencé à reconstruire leur vie. Toutefois, environ 65 000 compatriotes se trouvent encore dans les pays limitrophes », a-t-il déclaré.

Le programme est financé par la Banque africaine de développement, précise son représentant, Mamadou Coulibaly. « Ce projet est financé par la Banque africaine de développement à hauteur de 2,3 millions d’unités de compte, soit environ plusieurs millions de dollars. Ce financement vise à soutenir la mise en œuvre de la Déclaration de Yaoundé, qui regroupe six pays de la région », a-t-il indiqué.

De son côté, le ministre de l’Économie, Richard Filakota, a souligné les priorités liées au retour des populations déplacées. « La Déclaration de Yaoundé concerne les Centrafricains contraints à l’exil à la suite des crises qu’a connues notre pays. Aujourd’hui, la République centrafricaine retrouve progressivement la stabilité et la sécurité, ce qui permet d’organiser leur retour dans leurs communautés d’origine. Ce processus nécessite l’implication de nombreux acteurs. C’est pourquoi le HCR est chargé de la mobilisation, de la sensibilisation et de l’organisation des opérations de rapatriement, tandis que la Banque africaine de développement apporte les ressources financières nécessaires. Une fois de retour, ces populations devront être accompagnées à travers des activités et des projets afin de favoriser leur réinsertion socio-économique », a-t-il souligné.

Il convient de noter que cette rencontre a réuni plus d’une centaine de participants issus de différentes institutions nationales et internationales engagées dans la gestion des crises humanitaires et la réintégration des populations déplacées.

Arnold Ange Finmini