Depuis quelques semaines, dans plusieurs quartiers de Bangui, l’eau potable est devenue une denrée rare. Les habitants sont contraints de se déplacer vers d’autres zones pour s’en procurer. Certains recourent aux puits, aux forages ou encore aux châteaux d’eau pour subvenir à leurs besoins quotidiens, tandis que les robinets des fontaines restent désespérément à sec.
Aux 92 logements, dans le 6ᵉ arrondissement, Elion, vendeur à la fontaine, explique : « Depuis toujours, nous avons ce problème d’eau et d’électricité dans notre secteur. D’ailleurs, nous n’avons pas de SODECA ici, nous utilisons uniquement le forage. Mais depuis quelque temps, les coupures d’électricité se multiplient et nous devons recourir au générateur pour extraire l’eau. Beaucoup de personnes viennent de loin pour s’approvisionner chez nous. Avec l’électricité, un bidon coûte 25 francs, mais lorsqu’il faut utiliser le générateur, le prix monte à 50 francs. Je demande au gouvernement de nous fournir régulièrement le courant afin que la population puisse avoir de l’eau à un prix abordable. »
Dans la même localité, Océane, une habitante témoigne : « Pas d’eau, pas d’électricité dans notre secteur, comme si nous n’étions pas comptés parmi les habitants de ce pays. Nous sommes toujours marginalisés. Ici, nous n’avons qu’un seul forage et pour avoir de l’eau, nous devons démarrer le générateur puisque l’électricité est absente. Sinon, nous allons dans des quartiers comme Sango ou Benz-vi pour acheter de l’eau, parfois à 250 francs le bidon, que nous ramenons ensuite chez nous. »
Du côté du quartier Kpètènè, en allant vers l’église Saint Jacques, le constat est identique. Soleil, un jeune du secteur, confie : « Nous sommes à la recherche d’eau. Il n’est pas facile d’en trouver ici : pas de forage, pas de fontaine, seulement des puits. Nous sommes constamment en quête d’une eau potable de bonne qualité pour nous approvisionner. »
Pour Firmin Kevin Ngomingo, chef du quartier Kpètènè 4 dans le 6ᵉ arrondissement : « Le problème d’eau potable dans notre secteur est vraiment sérieux. Il est difficile pour les habitants d’avoir accès à une eau de qualité, surtout en saison sèche, à partir du mois de janvier. Parfois, ils quittent leur domicile très tôt, vers 2 ou 3 heures du matin, et parcourent 5 à 6 kilomètres pour trouver de l’eau. Souvent, celle-ci n’est pas bonne : elle a un goût salé. Sans forage, nous dépendons des puits, et il est rare que l’eau du robinet arrive jusqu’ici. »
Selon des responsables de la SODECA, la distribution d’eau est entravée par les coupures d’électricité répétées dans plusieurs quartiers. Toutefois, un processus de réhabilitation est en cours et la situation pourrait s’améliorer dans les prochains jours.
En attendant, les populations continuent d’utiliser l’eau des puits, des forages ou des châteaux d’eau, ce qui peut avoir des conséquences graves sur leur santé.
Freddy Ulrich Tanga

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