Par Ben-Wilson Ngassan
J’ai suivi, avec une légère dose d’ironie, la dernière conférence de presse du BRDC relative au dernier processus électoral en République centrafricaine. Sans surprise, le Bloc qualifie cet acte démocratique de « mascarade électorale », allant jusqu’à appeler à une « mobilisation populaire » en vue de « rétablir la démocratie ». Rions.
Faut-il rappeler ici à nos chers leaders qu’ils ont été véhéments, aussi bien dans les médias que dans les chancelleries, à appeler au boycott de ces élections ? Une telle posture les auto-disqualifie. La cohérence politique aurait donc voulu qu’ils ne s’expriment pas sur un processus qu’ils ont eux-mêmes annoncé boycotter. Mais, malheureusement, le BRDC fait du BRDC — de l’opposition à la centrafricaine.
Au-delà de la gravité des accusations formulées, c’est surtout l’absence totale du moindre début de preuve qui frappe le plus. Comment avoir servi l’État à de si hauts niveaux de responsabilité — pour certains anciens Premiers ministres et ministres d’État qui composent le BRDC — et en venir ainsi à mépriser l’expression souveraine des Centrafricains ? Qui plus est, comment remettre de façon aussi flagrante en cause des institutions républicaines que l’on prétend diriger demain ?
Plus grave encore, le BRDC affirme faire du « dialogue inclusif » une exigence. Mais comment s’obstiner à dialoguer avec un régime dont on n’a eu de cesse de contester la légalité et la légitimité ? Incohérent, non ?
La dernière sortie du BRDC sonne donc comme une nouvelle plaie ouverte pour la paix politique et sociale en République centrafricaine, alors qu’au lendemain du quadruple scrutin du 28 décembre dernier, les citoyens — qui ont majoritairement porté leur choix sur le Président Touadera — attendent avant tout des réponses concrètes aux défis quotidiens auxquels ils font face.

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