Le Comité Politique Monétaire (CPM), au sortir de sa session ordinaire de l’année 2024, présidée par le Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui table sur une croissance économique de 3,6% en 2024, contre 2% en 2023.
Cette session de l’année, tenue le 25 mars 2024 a pris fin par une conférence de presse au siège de la BEAC à Yaoundé et en visioconférence, depuis les directions nationales de la BEAC. Elle a permis d’examiner la conjoncture économique et les perspectives macroéconomiques au plan sous- régional et international.
Selon le gouverneur de la BEAC, au plan international, l’activité économique mondiale devrait se stabiliser dans un contexte caractérisé par des niveaux encore élevés de taux directeurs appliqués par les banques centrales pour lutter contre l’inflation, la persistance des tensions géopolitiques en lien avec les conflits en Ukraine et dans la bande de Gaza. Il s’appuie sur les perspectives du Fonds Monétaire International qui indiquent que la croissance mondiale devrait rester stable.
« En ce qui concerne la sous-région CEMAC, les prévisions sont optimistes et les perspectives économiques, monétaires et financières seraient marquées par une croissance de 3,6% en 2024. Cette croissance est soutenue par la bonne tenue des activités pétrolières (4,1% en 2024 contre 3,1% en 2023), des taux d’inflations persistantes à 5,5% en 2024, une dégradation des indicateurs des finances publiques avec notamment un solde budgétaire, hors dons, qui reviendrait à 0,0% du Pib en 2023 à -0,2% du Pib en 2024. S’agissant de la masse monétaire, elle augmentera de 12,6% contre 9,1% en 2023 », affirme le gouverneur.
Selon le gouverneur, c’est la première fois que les prévisions de croissance économique de la sous-région CEMAC dépasseront les 3% au cours des dix dernières années.
Mais aussi, des niveaux encore élevés des taux directeurs appliqués par les banques centrales pour lutter contre l’inflation, même si le taux d’inflation mondial devrait progressivement baisser (de 6,8% en 2023 à 5,8% en 2024, puis à 4,4% en 2025).
Tenant compte des évolutions économiques et financières marquées au niveau international par des incertitudes et dans la sous-région par les réalisation macroéconomiques favorables, une position extérieure confortable et une inflation globale encore élevée, le CPM a décidé de maintenir inchangés : « le taux d’intérêt des appels d’offres à 5,00% ; le taux de la facilité de prêt marginal à 6,75% ; le taux de la facilité de dépôt à 0,00% et les coefficients de réserves obligatoires à 7,00% sur les exigibilité à vue et 4,50% sur les exigibilités à terme », a précisé Yvon Sana Bangui avant d’ajouter que le secteur pétrolier bénéficiera d’importants investissements en 2024.
Le Comité de Politique Monétaire est l’organe de décision de la BEAC en matière de politiques monétaire et de gestion des réserves de change.
Fridolin Ngoulou

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