Le district sanitaire de Kaga-Bandoro, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Gribizi s’évertue pour donner le meilleur de lui-même, en luttant efficacement contre la malnutrition et la mortalité infantile. Des personnels qualifiés offrent un meilleur soin aux patients et ce, gratuitement.
Ce district sanitaire appuyé par le CICR dispose de trois services entre autres : le service de la maternité, le service de la pédiatrie et le service de la chirurgie. Oubangui Médias, en mission dans cette localité a visité ces services qui offrent des soins gratuits aux patients.
A la maternité, on aperçoit la présence constante des femmes aux consultations prénatales. Cela est d’ailleurs dans leur intérêt puisque tout est gratuit même le service de l’accouchement. Avant la consultation, les Sages-femmes prennent le temps pour sensibiliser les femmes enceintes sur l’importance de la consultation prénatale et le traitement après l’accouchement.
Un appui efficace contre la malnutrition !
Au service de la pédiatrie, des enfants sont hospitalisés : Ceux qui ont des maladies et ceux qui souffrent de la malnutrition. Ils sont parfois deux sur le même lit et bénéficient d’un suivi très régulier de leurs soins de santé. Pour déclarer un enfant malnutri, il faut passer par l’évaluation nutritionnelle. Les infirmiers cliniques doivent diagnostiquer l’enfant en rapport avec son âge avant de conclure son état de santé.
Lydie Edwige Alladoum Boyo, infirmière diplômée d’Etat au district sanitaire de Kaga-Bandoro montre les procédures avant de décaler un enfant malnutrie : « Nous faisons d’abord ce qu’on appelle l’évaluation nutritionnelle qui consiste à prendre le poids et la taille de l’enfant. C’est le premier critère pour déclarer l’enfant malnutrie. Après, nous passons au dépistage. Si le résultat est inférieur à 115, nous allons déclarer l’enfant malnutrie aigue sévère. Et la troisième étape c’est l’évaluation des œdèmes. Nous déshabillons l’enfant pour l’observer au niveau des membres inférieurs. La dernière étape c’est le texte d’appétit. Nous donnons une quantité de pépinette selon son poids, qui varie de 6 à 9 kilogrammes pour que l’enfant finisse dans 30 minutes. Si l’enfant finit de manger dans le délai, nous allons conclure le texte d’appétit positif mais le contraire est négatif. C’est là que nous allons faire le feedback au médecin qui va donner son point de vue si l’enfant est éligible pour être hospitalisé ou bien traité en ambulatoire ».
Viola Nizigiyimana, sagefemme mobile au district de Kaga-Bandoro précise que dans cette maternité de l’hôpital de district, elles reçoivent les accouchements normaux mais aussi les accouchements compliqués qui peuvent créer des problèmes obstétricaux. « Donc, nous donnons aussi des soins obstétricaux d’urgence complet disponible par ce que nous disposons du bloc opératoire pour faire des interventions, notamment la césarienne. Tout comme d’autres maternités, nous faisons tout pour contribuer à la réduction du taux de mortalité maternelle et infantile», a-t-il soutenu.
Comme une organisation internationale qui lutte pour le bien être de la population, le CICR s’investit pour réduire le taux de mortalité maternelle et infantile dans ce district sanitaire.
Justin Ngbadiwa, infirmier diplômé d’Etat fait savoir que dans cet hôpital, il y avait des problèmes du personnel qualifié. « Le CICR, dans le souci de réduire la mortalité infantile dans les hôpitaux de Nana-Gribizi a mis à notre disposition des infirmiers et sages-femmes formés, ainsi que des médecins nationaux et expatriés qui sont là pour fournir des soins gratuits. Et leur présence a contribué aujourd’hui à réduire le taux de mortalité des enfants », a témoigné Justin Ngbadiwa.
Le nombre d’enfants admis à la pédiatrie dépend des périodes. Il y a des périodes d’accalmie où la pédiatrie peut recevoir entre 3 à 5 enfants dans la journée et pendant la période de pic palu, la pédiatrie entre 10 à 15 enfants par jour.
En effet, la maternité de l’hôpital de district de Kaga-Bandoro travaille 24/24 et 7 jour sur 7. Il y a des jours de faible fréquentation entre 100 à 150 accouchements allant parfois jusqu’à 250 par mois.
La ville de Kaga-Bandoro est l’une des villes du pays qui sont durablement touchées par les violences parfois intercommunautaires. La présence d’acteurs humanitaires et maintenant de l’Etat rassurent de plus en plus cette population longtemps fragilisée par les violences.
La gratuité des soins à l’hôpital de district de Kaga-Bandoro est un fort soulagement pour la population qui cherche aujourd’hui à sortir d’une longue période des conflits armés.
Dorcas Bangui Yabanga

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